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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 71

son corps d’armée, fut chargé de l’attaque sur Pozzolo; Brune, avec le gros del’armée, de celle de Mozambano. Ces deux attaques devaient avoir lieu en mêmetemps; mais, soit qu’on ait mal calculé les distances à parcourir, soit que lesobstacles des routes ou de la saison aient apporté des retards dans les mouve-ments des troupes pour le transport de l’artillerie, l’arrivée des colonnes n’eutpas lieu en même temps età l’heure indiquée. Ce retard fut cause que l'attaquede Dupont se fit isolément et faillit compromettre ce corps d’armée. Dupontétait un officier d’un rare mérite, plein de cou rage et d’entraînement. Il arrivale 25 sur les bords du fleuve, et, profitant du brouillard qui depuis plusieursjours couvrait l’horizon, parvint à jeter des ponts sur le fleuve et à faire passerla division Watrin sur la rive opposée. Brune, qui avait remis au lendemainmatin son attaque, n’empêcha pas son lieutenant de s’engager ainsi seul sur larive gauche en présence de toute l’armée autrichienne. «Il s’imagina, ditJomini , que cette opération produirait une diversion plus efficace si elle avaitlieu vingt-quatre heures avant la véritable attaque sur Mozambano. Ce calculdéviait de tous les principes de la guerre.» Le passage de Dupont sur la riveopposée exposait nécessairement ce général aux coups des masses autrichiennes.Ce résultat était facile à prévoir. Bellegarde, en effet, fit avancer toutes sesforces sur ce point. Dupont, en voyant arriver le torrent qui le menaçait,envoya demander du renfort au général Suchet qui occupait la position centraleentre Mozambano et Pozzolo, et fit prévenir le général en chef du succès de sonopération. Suchet, devançant les ordres de Brune, s’empressa d’aller au secoursde son collègue avec la division Gazan. Le général en chef fut embarrassé enapprenant ces nouvelles. Au lieu d’appuyer l’attaque si heureuse du généralDupont, il se contenta de retirer la seconde division du général Suchet devantBorghetto, et, tout en approuvant son mouvement, il lui prescrivit de ne pastrop s’engager au-delà du fleuve. Pendant ce temps, le général Watrin avaitenlevé Pozzolo et disposé ses troupes le long de la digue, depuis le village jus-qu’aux moulins de la Volta, de manière à s’y tenir sur la défensive comme dansune tête de pont. La division Monnier vint bientôt le renforcer et lui permettrede resserrer ses lignes de défense, et la division Gazan, paraissant sur les hau-teurs de la rive droite, encouragea les troupes engagées.

Cependant les masses autrichiennes avançaient rapidement précédées d’uneimmense artillerie. Elles tombèrent avec fureur sur les premiers corps fran-çais . C’étaient la 6 e demi-brigade légère, les 28 e et 40 e de ligne. Ces trois bri-gades résistèrent à l’impétuosité des ennemis avec un sang-froid admirable.20 pièces de canon, placées par le général Dupont sur la rive droite, secon-daient les efforts de ces braves soldats. L’infanterie autrichienne, ayant usé safureur sur les demi-brigades, le général Bellegarde les fit attaquer en flancpar la cavalerie. Cette attaque échoua également. La division Watrin resta iné-branlable. Les Autrichiens tournèrent alors leurs efforts sur la division Mon-nier, qui était établie à Pozzolo, et qui fut accablée. Cet échec compromettaitgravement le corps du général Dupont qui, détaché de son point d’appui, allaitêtre jeté dans le Pô. C’est dans ce moment que la division Gazan entra en