Band 
Tome troisième.
Seite
97
JPEG-Download
 

ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. *»7

cute un de ces grands mouvements stratégiques qui portent la guerre aupoint décisif; Jourdan forme les premières troupes disciplinées et manœu-vrières et essaie d’appliquer à l'art de la guerre la récente création des aéros-tats; Hoche rend à la cavalerie sa destination foudroyante en réunissant encorps séparés les diverses armes de cavalerie jusqu'alors éparpillées dans lesdivisions; ce même général donne aux armées une mobilité nécessaire et in-connue, en faisant jeter aux vents les tentes où les troupes s’abritaient, et prouveque les soldats campés sous des baraques en paille ou en branchages n’en sontpas moins à l’abri, et qu’elles n’ont pas à s’inquiéter de l’attirail de leur cam-pement, ce qui ne manquait jamais de retarder ou d’entraver les marcheset même de prévenir l’ennemi des mouvements qu’on allait faire; Moreauenseigne l'art difficile des retraites, dans ses deux savantes campagnes d’Alle-magne et d’Italie; enfin Bonaparte paraît, il ramène la guerre à sa véritable des-tination : génie profond et organisateur, il fait revivre les principes des grandscapitaines. A son début, il enseigne l’art de surmonter les difficultés de laguerre des montagnes, en tournant les positions de l’ennemi par des marchessavantes et admirablement combinées. Il montre ainsi la nécessité des étudestopographiques et le rapport qui existe entre cette science et la tactique. Bien-tôt il agrandit le théâtre de la guerre et change les données établies sur ladéfense des États. Les lignes défensives et les forteresses ne suffisent plus pourarrêter nos phalanges. Le Rhin et les Alpes , traversés et soumis en vingtpoints différents, ne sont plus des obstacles pour elles. Les seules places appe-lées à favoriser l’offensive par leur position géographique, ont une influenceréelle sur les combinaisons. I)e ce nombre sont Mayence , Kelil, le vieux Bris-sac, sur le Rhin; Tortone, Alexandrie, Gênes, Goni, en Italie ; les autres setrouvent pour ainsi dire effacées de la nouvelle topographie militaire (1). Sesmanœuvres tactiques ne sont pas moins admirables, et jamais l’emploi rai-sonné des trois armes ne fut porté à un plus haut point de précision. Chaqueévénement fait naître en lui des combinaisons nouvelles, toutes marquées aucoin des vrais principes de la guerre. Ici, il fait consister toute la tactique desarmées dans les jambes, parce qu’elle est appropriée à la nature des lieux et àl’esprit de la guerre.

Les déploiements sont rares dans les premières guerres d’Italie, parce quela nature du terrain ne s’v prête pas toujours, et aussi parce qu'il faut sur-prendre et étonner l’ennemi en le frappant au point décisif; de là l’emploides colonnes précédées de l'artillerie. La cavalerie sert de réserve. Lui-mêmefixe ainsi l’emploi des colonnes : « Il faut, dit-il, qu’une armée tienne toujours«ses colonnes réunies, de manière que l’ennemi ne puisse pas s’introduire« entre elles; que si, par des raisons quelconques, on s’écarte de ce principe,« il faut que les corps détachés soient indépendants dans leurs mouvements,« et se dirigent pour se réunir sur un point fixe, vers lequel ils marchent sans« hésiter et sans nouveaux ordres. »

(I) Rocquancoiirl.

III.

15