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Tome troisième.
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HISTOIRE DE TOUS LES RÉGIMENTS.

lemagne, il lui fallut ses grands feudataires impériaux, et il créa seizemaréchaux, brillante constellation militaire dont chaque nom reflète un desrayons de la gloire napoléonienne . Ces maréchaux sont : Berttiier, Murat,Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes ,Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann et Pérignon, Lefebvre et Serru-rier. Tous ces hommes étaient sortis des rangs de l'armée, tous s’étaient forméset avaient grandi aux feux des batailles républicaines, et avant d’ajouter à leursnoms les nouveaux titres si glorieusement conquis de duc de Berg, de Coné-gliano, de Rivoli, de Dalmatie, de Trévise, de Reggio, d’Elchingen , etc., lessoldats les avaient déjà baptisés de titres non moins glorieux, tels que : Enfantchéri de la victoire, Roland de l'armée, Bayard moderne et Brave des braves, etc.

Quant à l’armée, il la réorganisa dans tous ses détails; car sa mission, ainsiqu’il le disait lui-mêine, n’était pas seulement de gouverner la France , maisde lui soumettre le monde, sans quoi le monde l’aurait anéantie. Partant decette supposition gratuite, ainsi que le fait observer le général Foy, il organisal’empire pour la guerre et pour la guerre éternelle. Ce ne fut pas pour acquérirle droit d’être un prince absolu qu’il combattit sous toutes les latitudes; rienne l’empêchait de le devenir à moins de frais. Au contraire, il fonda le des-potisme pour créer, vivifier et toujours renouveler les éléments des combats.

La paix signée à Lunéville avec l’empereur d’Allemagne , la paix signée àAmiensavee l’Angleterre, ne pouvaient être durables : Bonaparte ne s’y trompapoint. La France , telle que venaient de la faire les nouveaux traités, pesaitd’un poids trop lourd sur le vieil équilibreeuropéen pour qu’il pût espérer de laconserver ainsi sans combat. Aussi, en annonçant la signature du traité d’Amiens ,il faisait insérer dans le Moniteur les réflexions suivantes : « Les relations dela France avec l’Angleterre sont le traité d’Amiens, rien que le traité d’Amiens ...Au reste, le peuple français demeurera constamment dans l’attitude que lesAthéniens ont donnée à Minerve : le casque en tête et la lance en arrêt !»

En effet, l’Angleterre ne songea pas un instant à exécuter les clauses de cetraité, car il fallait qu’ellerendît Malte et évacuât l’Égypte , et elle voulait garderl’une et occuper l’autre. Abandonnée un moment de tous ses alliés, seule,épuisée par la longue lutte qu’elle venait de soutenir contre la république, ellene vit dans cet acte solennel qu’une suspension d’armes nécessaire pour réparerses forces et pour avoir le temps d’entraîner encore une fois les gouverne-ments de l’Europe dans une guerre contre la France .

Bonaparte , de son côté, mettait tout en œuvre pour déjouer les projets del’Angleterre et l’effrayer par ses armements considérables et par la menaced’une descente en Angleterre. 11 disait à l’ambassadeur de cette nation : «Chaquevent qui souffle de votre pays n’apporte que haine et inimitié contre moi....Une descente est le seul moyen offensif que j’aie contre elle, et je suis déter-miné à me mettre moi-même à la tête de l'expédition.... Les Anglais veulentla guerre, ajouta-t-il; mais, s’ils sont les premiers à tirer l’épée, je serai le der-nier à la remettre dans le fourreau.... S’ils ne respectent pas les traités, il fautdorénavant les couvrir d’un crêpenoir.... Si vous voulez.armer, j’armerai aussi;