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HISTOIRE DE L’ARMÉEsi vous voulez vous battre, je me battrai aussi.... Tous pourrez peut-être tuerla France , mais jamais l'intimider! Malheur à ceux qui ne respectent pas lestraités, ils en seront responsables devant toute l’Europe . »
En attendant, il fit d’immenses préparatifs sur les côtes de l’Océan, qu’ilhérissa de redoutes depuis la Gironde jusqu’à l’Escaut. Les constructions sepressaient dans tous les ports. On y commença les travaux de cette flottille quidevait se réunir plus tard à Boulogne. Flessingue s’éleva sur d’imposantes for-tifications et devint le grand arsenal des armements de la France . En mêmetemps, de nombreux corps de troupes se dirigèrent en Italie et en Hollande,vers les rivages des deux mers, et une armée considérable fut réiviie sur lescôtes de l’Océan et de la Manche. Cette réunion d’hommes, distribuée depuis leTexel jusqu’aux Pyrénées , fut divisée en six camps (1) et forma la grande armée,le 1 er fructidor an xui. C’est là ce qu’on appelle le camp de Boulogne. Bonaparte y mit lesofficiers à la théorie et les soldats aux rudes travaux de l'exercice. Lesofficiers apprirent à commander et à remuer leurs troupes, les soldats àobéir et, à manœuvrer uniformément. En un mot, c’est là que se formèrentles chefs et les soldats qui devaient vaincre à Austerlitz, à Iéna , à Friedland età Wagram.
C’est le moment le plus beau de l’existence de l’armée française. Placée entredeux périodes également glorieuses dont l’une venait de s’accomplir, dontl’autre allait commencer bientôtj riche des souvenirs acquis sur les bords duRhin, du Danube, de l’Adige et du Nil ; forte par la trempe et le moral de ses
(1) Les camps réunis sur les côtes de l'Océan, des le mois de fructidor an xi, furent comprissous le titre général A’Armée des côtes ou A'Armées des côtes d’Océan, le 1 er germinalan xui, et prirent le litre de Grande armée le 1 er fructidor an xm.
Le Camp de Saint-Omer avait son quartier général à Boulogne et obéissait au général dedivision Soull; ort le subdivisa eu quatre petits camps, puis il forma le quatrième corps de lagrande armée.
Le camp de Bruges était sous les ordres du général Davoust, dont le quartier général était àOstende ; il devint le troisième corps de la grande armée.
Le camp de Compiègne, dont le général Ney était commandant, fut transféré à Montreuil le 15frimaire an xu et en prit le nom : il devint le sixième corps de la grande armée.
Le camp de Bayonne, sous le général Augéreau, fut transféré à Brest en frimaire an xu etcomposa le septième corps de la grande armée.
On appelait Camp de Boulogne la réunion des trois petits camps formés sur les côtes de laManche, dits de gauche, du centre et de droite, dont le titre véritable était camp de Saint-Omer ,et dont le quartier général était à Boulogne .
Le camp d’Utreclit était sous les ordres du général Victor, commandant en Batavie ; il formale deuxième corps de la grande armée.
Le camp de Nimègue, qui forma l’armée du Hanovre , obéit d’abord au général Mortier depuis*e mois de floréal an xi jusqu’en prairial an xii, époque où ce général fut provisoirement rem-placé par le général Desselles. En floréal an xu, le maréchal Bernadotleeul le commandementtitulaire de cette armée, qui devint le premier corps de la grande armée.
Indépendamment des grands camps qui formaient l’armée des côtes de l’Océan, il y avaittrois camps volauts de grenadiers établis à Rennes , à Napoléon - Vendée et à Alexan-drie .