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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 1U

hommes et chevaux pouvaient être placés en deux heures sur la flottille deguerre. Il en fallait trois ou quatre pour embarquer les 9 à 10,000 chevauxrestant sur la flottille de transport. Ainsi, tout le gros bagage était constammentà bord; on devait toujours être prêt en quelques heures à lever l’ancre, et,comme il n’était pas possible de faire sortir des ports un aussi grand nombrede bâtiments dans l’espace d’une seule marée, l’embarquement des hommeset des chevaux ne pouvait jamais être la cause d’une perte de temps.

Après des exercices incessamment répétés, on réussit bientôt à exécutertoutes les manœuvres avec autant de promptitude que de précision. Tous lesjours, par tous les temps, à moins d'une tempête, on sortait au nombre de100 et 130 bâtiments pour manœuvrer ou mouiller en rade devant l’ennemi.Puis on simulait, le long des falaises, l’opération d’un embarquement. Ons’exercait d’abord à balayer le rivage par un feu nourri d’artillerie, puis às’approcher de terre, à y déposer hommes, chevaux, canons. Souvent, quandon ne pouvait pas joindre la terre, on jetait des hommes dans les flots par cinqou six pieds de profondeur d’eau. Jamais il n’y en eut de noyés, tant ils dé-ployaient d’adresse et d’ardeur. Quelquefois on ne débarquait pas même leschevaux. On les descendait dans la mer, et des hommes placés dans des canotsles dirigeaient avec une longe vers le rivage. De la sorte, il n’v avait pas unaccident de débarquement sur une côte ennemie qui ne fût prévu et bravé plu-sieurs fois en y ajoutant toutes les difficultés qu’on pouvait se donner à vaincre,même celles de la nuit, excepté cependant la difficulté du feu. Mais celle-làdevait être plutôt un excitant qu'un obstacle pour ces soldats les plus bravesde l'univers par nature et par habitude de guerre. »

Deux ans passés à cette école avaient entièrement rempli le but de Napoléon .Non-seulement il avait formé de merveilleux soldats, mais il avait fait dispa-raître les formes et le souvenir des institutions républicaines; et, s’il restaitencore quelques mécontents, ils se trouvaient parmi les généraux de la répu-blique et les vieux soldats des grandes guerres. Les premiers se rallièrent peuàpeuou rentrèrentdans la retraite; quant aux seconds, ils furent en partie incor-porés dans la garde impériale et reçurent le surnom traditionnel de grognards.

Maintenant que nous avons indiqué la formation générale et le but du campde Boulogne, et avant de suivre les phalanges impériales dans leur marcheà travers les capitales de l’Europe , voyons quelles modifications subit chaquearme en particulier.

Et d’abord l’infanterie. Le même décret qui substitua la dénomination derégiment à celle de demi-brigade porta de trois à cinq le nombre des batail-lons. Les quatre premiers furent dits bataillons de guerre, et le cinquième ba-taillon de dépôt. Chaque bataillon fut composé de six compagnies, une de gre-nadiers ou carabiniers, une de voltigeurs et quatre de fusiliers ou chasseurs.Chaque compagnie était forte de UO hommes, officiers compris. Ce qui élevaitla force totale d’un régiment à 3,970 hommes, dont 108 officiers (1).

(1) L’état-major d’un régiment se composait : d’un colonel, d’un major (lieutenant-colonel)