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Tome troisième.
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112 HISTOIRE DE L’ARMÉE

Chaque régiment avait une aigle pour enseigne : elle était portée par unlieutenant ou un sous-lieutenant comptant au moins dix ans de services. Deuxvieux militaires choisis parmi les plus braves et non lettrés, qui, pour cetteraison, ne pouvaient obtenir d’avancement, furent choisis pour escorter leporte-aigle, et reçurent la dénomination de deuxième et de troisième porte-aigles. Napoléon s’était réservé le droit de choisir lui-même les porte-aigles desrégiments, et ils ne pouvaient être destitués que par lui. Les sous-officiersétaient armés de l’esponton et de deux pistolets placés dans un étui, sur la poi-trine, à gauche, à la manière des Orientaux. Il n’y eut d’abord que les seulsrégiments de ligne qui reçurent des aigles. Mais bientôt on vit dans tous lescorps l’aigle armée de la foudre aux losanges d’or remplacer la pique républi-caine (1).

Une des créations importantes de cette époque futcelle des voltigeurs, qu’on vitparaître dans les régiments d’infanterie, au camp de Boulogne. Le décret portela date de Tan xu. Les voltigeurs furent assimilés, aux grenadiers comme com-pagnies d’élite et tinrent la gauche du bataillon dont les grenadiers tenaientla droite. Le voltigeur est devenu un des types originaux de notre armée.«Enfant de l’empire, noble de fraîche date, il jouit de cet immense avantage,qu’il n’a pas à rougir de ses aïeux.

« Qu’ils étaient beaux les voltigeurs de l’Empire, ces démons à tout fairependant le combat, à tout pardonner après! Qu’ils étaient beaux avec leurspetits habits écourtés et si peu gracieux, leurs collets jaunes, qui dans les bois,au milieu du fourré, les faisaient prendre pour des fleurs sauvages! 11 fallaitalors être homme de valeur pour porter le cor de chasse; le simple soldat dela compagnie devait avoir prouvé, et qui voulait y être officier devait avoirprouvé deux fois. A ces hommes d’élite, intrépides, durs, infatigables, soumisen aveugles, croyez-vous qu’un homme ordinaire eût inspiré confiance?Lorsque, cachés et penchés sur le bord du défilé, le fusil en arrêt, silencieuxcomme les Klephtes de laThessalie, ils attendaient la colonne ennemie, indo-lente voyageuse, les voltigeurs avaient tous les yeux sur les yeux de leur of-ficier, et lui, calme, leur disait tout bas : Patience, enfants. Les Prussiens etles peuplesduNord criaienten voyant les voltigeurs: Da kommen die kleine ma-nïr; voilà les petits hommes qui viennent ! c’était un cri de terreur qui partoutsemait l’épouvante (2). »

de quatre chefs de bataillon, de cinq adjudants-majors, d’un quartier-matlre trésorier, d’un of-ficier payeur, d'un porte-aigle (officier), d’un chirurgien-major, d’un aide-major, de cinq sous-aides, de dix adjudants sous-officiers, de deux porte-aigles (sous-officiers), d’un tambour-majord’un ciporal-lamhonr, de huit musiciens et de quatre maîtres-ouvriers.

(I) Lorsqu’il fut question de choisir les armes de l’empire, on délibéra longtemps dans leconseil d’état. Les uns proposaient de choisir le lion, roi des animaux, d’autres les abeillesd'or des Mérovingiens, d’autres enfin le coq gaulois; Napoléon prit la parole : Votre coq, dit-il,est un animal qui vit sur le fumier et se laisse manger par le renard. Je n’en veux pas. Pre-nons l'aigle, c’est l’oiseau quiporle la foudre et qui regarde le soleil en facel

(2Î Esquisses historiques.