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HISTOIRE DE L'ARMÉElaissa battre d’abord au cap Finistère, puis bloquer dans Cadix , d’où il ne de-vait sortir que pour éprouver un grand désastre.
L’amiral Gantbeauine, qui devait appareiller de Brest pour la même desti-nation avec 20 vaisseaux, ne put, de son côté, y parvenir, n’ayant pas su pro-fiter du gros temps pour tromper la vigilance de l’amiral anglais Cornwallis ,qui le bloquait avec des forces supérieures.
Napoléon , en apprenant ces nouvelles, fut transporté de colère. « Quellemarine! s’écria-t-il; quel amiral! quels sacrifices perdus!... Mon espoir est déçu.Ce Villeneuve, au lieu d’être dans la Manche, il vient d’entrer au Ferrol ! C'enest fait, il y sera bloqué. » Quelques jours après il fut instruit que ces fâcheusesprévisions s’étaient réalisées, que Villeneuve était enfermé dans Cadix . Dèslors l’expédition d’Angleterre était avortée, à moins qu’il ne voulût opérer ledébarquement sans le secours de la flotte. Les immenses dépenses faites pourcette grande entreprise étaient perdues, l’espérance d’une descente en Angle-terre s’évanouissait pour longtemps, pour toujours peut-être. Du reste, lapoli ique du cabinet de Londres était parvenue encore nne fois à armer l’Eu-rope contre la France . Pitt, revenu au ministère, avait formé les liens d’unenouvelle coalition dans laquelle entrèrent l’Angleterre, la Russie, l’Autriche etla Suède. Napoléon apprit en même temps à Boulogne les nouvelles de saflotte et les projets des coalisés contre la France . Un moment il fut ébranlé porcette attaque; mais, se recueillant bientôt, il prit une des résolutions les plushardies, les pins profondes qu’aucun conquérant ait jamais pu concevoir. Sanshésiter, sans s’arrêter, il dicta à Daru, intendant général de l’armée, le planentier de la campagne d’Austerlitz, le départ de chaque corps depuis le Hanovre et la Hollande jusqu’aux confins de l’ouest et du sud de la France , Tordre desmarches, leur durée, les lieux de convergence et de réunion des colonnes:lesentreprises, les attaques de vive force, les mouvements divers de l’ennemi,tout fut prévu, la victoire enfin fut assurée dans toutes les hypothèses. Tellesétaient, dit un historien, la justesse et la vaste prévoyance de ce plan, que, surune ligne de départ de 200 lieues, des lignes d’opération de 300 lieues de lar-geur furent suivies, d’après les indications primitives, jour par jour, lieu parlieu, jusqu’à Munich . Au-delà de cette capitale, les époques seules éprouvèrentquelque altération, mais les lieux furent atteints et l’ensemble du plan futcouronné d’un plein succès.
Le plan des coalisés, définitivement arrêté, portait que quatre attaques au-raient lieu simultanément: la première, au nord, par la Poméranie, sur le Ha-novre et la Hollande, et qui devait être exécutée par une armée combinée deRusses, de Suédois et d’Anglais; la deuxième, à Test, par la vallée du Danube ,où devaient agir les grandes années de l’Autriche et de la Russie ; la troi-sième en Lombardie, confiée aux Autrichiens; la quatrième, au midi de l'Italie ,devait être exécutée par les Napolitains, les Anglais et les Russes. L’Autriche devait fournir à cet effet 130,000 fantassins et 13,000 chevaux en Italie ;30,000 hommes et 2,000 chevaux en Tyrol ; 66,000 hommes et 23,000 chevauxen Allemagne ; 28,000 hommes et t,300 chevaux en corps détachés; en tout,