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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
qu’à trois heures du matin. Douze brûlots seulement avaient fait explosion, lesautres ne produisirent aucun effet, et le cabinet de Londres en fut pour lahonte d’avoir employé de pareils moyens.
Ainsi, l’orage qui grondait sur l’empire britannique était sérieux. Jamais iln’avait couru un pareil danger; car, indépendamment de ces 150,000 hommesprêts à être embarqués et de ces milliers de bâtiments de transport équipés etarmés, le plan d’invasion formé par l'empereur était un des plus sages, desplus savamment conçus qui soient sortis de la tête d’un capitaine. En effet, ilfallait, pour réussir dans une pareille entreprise, opérer la réunion de nosdiverses escadres de Toulon, Cadix, Rochefort et Brest ; mais cette réunionprésentait des difficultés extrêmes et ne pouvait s’opérer que sur un point très-éloigné de nos côtes. Il résolut de les diriger vers la Martinique . Ce plan avaitle double avantage d’assurer sans danger la réunion des forces maritimes dis-persées de la France et de l’Espagne , de porter l’alarme dans les établisse-ments anglais des deux Indes et d’éloigner ainsi la majeure partie des forcesanglaises des eaux de l’Océan et de la Manche au moment où les nôtres allaienty reparaître pour favoriser l’expédition; en outre, on devait profiter de cevoyage dans les Indes pour porter des troupes de débarquement aux colo-nies.
Le général Lauriston devait reprendre Surinam et les établissements hollan-dais sur le continent de l’Amérique . Le général Reille avait Tordre de s’em-parer de Sainte-Hélène et de jeter garnison au cap de Bonne-Espérance , tandisque d’autres détachements auraient balayé les Antilles , Saint-Louis, Tabago,Saint-Pierre, etc.
Malheureusement l’exécution ne seconda pas les vues de l’empereur et lafortune fit échouer le plan le mieux combiné. L’amiral Missiessy, qui comman-dait l’escadre de Rochefort, mit à la voile avec cinq bâtiments. Battu par latempête, il lutta pendant plusieurs jours contre la mer et arriva aux An-tilles dans les premiers jours de février, après avoir éprouvé de fortes avaries.Il débarqua néanmoins à la Martinique les secours en hommes et en munitionsqu’il portait, fit attaquer l’ile de la Dominique, qui fut enlevée, et se rembar-qua pour l’Europe , d’après l’ordre qu’il en avait reçu, après avoir dans sa routedébloqué la ville de San-Domingo, oii quelques soldats français , abandonnéspour ainsi dire, défendaient encore le pavillon français. À son retour, l’amiralMissiessy, qui n’avait rempli sa mission qu’incomplétement, fut remplacé parle contre-amiral Lallemand, qui reçut Tordre de se remettre en mer. Maisl’homme qui contribua le plus à faire échouer les projets de Napoléon futl’amiral Villeneuve. Cet amiral, parti de Toulon vers le milieu de janvier avec18 vaisseaux ou frégates, fut, lui aussi, battu par la tempête, et, au lieu de pour-suivre sa route, rentra dans le port; il ne remit à la voile que le 30 mars, aumoment où, suivant ses instructions, la flotte de l'amiral Missiessy revenait enEurope. Le 13 mars, il mouilla à la Martinique , rallia les vaisseaux espagnolscommandés par l’amiral Gravina, et, au lieu de s’avancer dans la Manche à latête des escadres réunies, c’est-à-dire avec 56 vaisseaux de haut-bord, il se