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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

de canon. Ce corps fut chassé de position en position, et l’on vit un spectaclehorrible, tel qu’on l’avait vu à Aboukir, 20,000 hommes se jetant dans l’eau etse noyant dans les lacs.

«Deux colonnes, chacunede 4,000Russes , mettent bas les armes etse rendentprisonnières; tout le parc ennemi est pris. Les résultats de cette journée sont40 drapeaux russes , parmi lesquels sont les étendards de la garde impériale;un nombre considérable de prisonniers; l’état-major ne les connaît pas encoretous; on avait déjà la note de 20,000; 12 à 15 généraux, au moins 15,000 Russestués, restés sur le champ de bataille. Quoiqu’on n’ait pas encore les rapports,on peut, au premier coup d’œil, évaluer notre perte à 800 hommes tués età 1,500 ou 1,600 blessés. Cela n’étonnera pas les militaires, qui savent que cen’est que dans la déroute que l’on perd des hommes, et nul autre corps quele 4 e n’a été rompu. Parmi les blessés sont le général Saint-Hilaire, qui, blesséau commencement de l'action, est resté toute la journée sur le champ de ba-taille; il s’est couvert de gloire; les généraux de division Kellermann et Walter,les généraux de brigade Valliubert, Thiébaut, Sébastiani, Compan et Rapp, aide-de-camp de l'empereur: c’est ce dernier qui, en chargeantà la tête des grena-diers de la garde, a pris le prince Repnin, commandant les chevaliers de lagarde impériale de Russie . Quant aux hommes qui se sont distingués, c’esttoute l'armée qui s’est couverte de gloire. Elle a constamment chargé aux crisde : Vive l’empereur! et l’idée de célébrer si glorieusement l’anniversaire ducouronnement animait encore le soldat.

«L’armée française, quoique nombreuse et belle, était moins nombreuse quel’armée ennemie, qui était forte de 105,000 hommes, dont 80,000 Russes et25,000 Autrichiens. La moitié de cette armée est détruite; le reste a été misdans une déroute complète, et la plus grande partie a jeté ses armes.

«Cette journée fera verser des larmes de sang à Saint-Pétersbourg (I).

«Jamais champ de bataille ne fut plus horrible. Du milieu des lacs immenseson entend encore les cris des milliers d’hommes qu’on ne peut secourir. Ilfaudra trois jours pour que tous les blessés ennemis soient évacués sur Brünn.Le cœur saigne ! Puisse tant de sang versé, tant de malheurs retomber enfinsur les perfides insulaires qui en sont la cause! Puissent les lâches oligarquesde Londres porter la peine de tant de maux (2) ! »

Les résultats de la bataille furent immenses. Les ennemis perdirent 45,000hommes tués, blessés ou prisonniers, 20 généraux et plusieurs aides-de-campde l’empereur de Russie . Nos soldats prirent 200 canons, 400 voitures d’artil-

(t) Après avoir fait compter les cadavres on trouva 18,000 Russes; dans ce nombre on comp-tait 500 officiers au moins, dont plusieurs officiers-généraux, 20 majors ou lieutenants-colonels etplus de 100 capilaines. Le général Buchodeu a été tué; uu grand nombre d'autres généraux ontété pris, savoir :

Prébiszensl.i, Wimpfen, Muller Zaoumsky, Muller, Berg, Seleclsow, Strisy, Szerliakow, leprince Repnin, le prince Sibersky, Adrian, Lagonon, Salima, Mezenkow, Woyéikoff.

(2) XXX e Bulletin de la grande armée.