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HISTOIRE DE L’ARMÉE
a L’empereur, entouré de tousles maréchaux, attendait, pour donner ses der-niers ordres, que l'horizon fût bien éclairci. Aux premiers rayons du soleil,les ordres furent donnés, et chaque maréchal rejoignit son corps au grandgalop.
« L’empereur dit en passant sous le front de handière de plusieurs régiments :
« Soldats, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre qui confondel’orgueil de nos ennemis! » et aussitôt des cris de Vive l'empereur furent levéritable signal du combat. Un instant après, la canonnade se fit entendre àl’extrémité de la droite, que l’avant-garde ennemie avait déjà débordée; maisla rencontre imprévue du maréchal Davoust arrêta l'ennemi tout court et lecombat s’engagea.
«Le maréchal Soult s’ébranle au même instant, se dirige sur les hauteurs duvillage de Pratzen avec les divisions des généraux Vandamme et Saint-Hilaire,et coupe entièrement la droite de l’ennemi, dont tous les mouvements devien-nent incertains. Surprise par une marche de flanc pendant qu’elle fuyait, secroyant attaquante et se voyant attaquée, elle se regarde comme à demibattue.
«Le prince Murat s’ébranle avec sa cavalerie. La gauche, commandée par lemaréchal Lannes, marche en échelons par régiments, comme à l’exercice.Une canonnade épouvantable s’engage sur toute la ligne; 200 pièces de canonet près de 200,000 hommes faisaient un bruit affreux; c’était un véritable com-bat de géants. Il n’y avait pas une heure qu’on se battait, et toute la gauchede l’ennemi était coupée. La droite se trouvait arrivée à Austerlitz , quartiergénéral des deux empereurs, qui durent faire marcher sur-le-champ la gardede l’empereur de Russie pour tâcher de rétablir la communication du centreavec la gauche. Un bataillon du 4 e de ligne fut chargé par la garde impérialerusse à cheval, et culbuté; mais l’empereur n’était pas loin; il s’aperçut de cemouvement; il ordonna au maréchal Bessières de se porter au secours de sadroite avec ses invincibles, et bientôt les deux gardes furent aux mains.
«Le succès ne pouvait être douteux. Dans un moment la garde russe fut endéroute. Colonel, artillerie, étendards, tout fut enlevé. Le régiment du grand-duc Constantin fut écrasé; lui-même ne dut son salut qu’à la vitesse de soncheval.
«Des hauteurs d’Austerlitz les deux empereurs virent la défaite de toute lagarde russe. Au même instant le centre de l’armée, commandé par le généralBernadotte , s’avança; trois de ses régiments soutinrent une très-belle chargede cavalerie. La gauche, commandée par le général Lannes, donna plusieursfois. Toutes les charges furent victorieuses. La division du général Calfarellis’est distinguée; les divisions de cuirassiers se sont emparées des batteries del’ennemi. A une heure après midi la victoire était décidée; elle n’avait pas étéun moment douteuse. Pas un homme de la réserve n'avait été nécessaire etn’avait donné nulle part. La canonnade ne se soutenait plus qu’à notre droite.Le corps ennemi, qui avait été cerné et chassé de toutes ses hauteurs, se trou-vait dans un bas-fond et acculé à un lac. L’empereur s’y porta avec 20 pièces