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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEsi décidée et les destins si peu balancés. Aussi, ajoutait-il, il faudra toute mapuissance pour récompenser dignement mes braves soldats!

Le lendemain de la bataille, Napoléon transporta son quartier général àAusterlitz , et voulut donner à la bataille le nom de ce château; il témoignaainsi sa satisfaction aux troupes :

Austerlitz , le 12 frimaire an xiv.

« Soldats ,

« Je suis content de vous; vous avez, à la journée d’Austerlitz , justifié toutce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une im-mortelle gloire. Une armée de 100,000 hommes, commandée par les empe-reurs de Russie et d’Autriche , a été, en moins de quatre heures, ou coupée,ou dispersée; ce qui a éctiappé à votre feu, s’est noyé dans les lacs. Quarantedrapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie , 120 pièces de canon,20 généraux, plus de 30,000 prisonniers, sont le résultat de cette journée àjamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n’a purésister à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter.Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. Lapaix ne peut plus être éloignée; mais, comme je l’ai promis à mon peuple avantde passer le Rhin , je ne ferai qu’une paix qui nous donne des garanties et as-sure des récompenses à nos alliés.

« Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impé-riale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat degloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux; mais, dans le mêmemoment, nos ennemis pensaient à la détruire, à l’avilir, et cette couronne defer, conquise par le sang de tant de Français , ils voulaient m’obliger à la placersur la tète de nos plus cruels ennemis; projets téméraires et insensés que lejour même de l’anniversaire du couronnement de votre empereur vous avezanéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous braveret de nous menacer que de nous vaincre.

« Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et laprospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France . Là vousserez l’objet de mes plus tendres sollicitudes; mon peuple vous recevra avecjoie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l'onréponde : Voilà un brave ! »

Cette proclamation fut suivie de deux décrets portant que : « Les veuves desgénéraux morts à la bataille d’Austerlitz jouiront d’une pension de 6,000 francsleur vie durant; les veuves des colonels et des majors d’une pension de

1 er corps. Le maréchal Bernadotte : 11281 com-bailants, 20 tués, 201 blessés.

Droite. 4 e corps. Le maréchal Soult : 25305 com-battants, 588 tués, 3827 blessés.

Flanqueurs de droite. 3e corps. Le maréchal

Davoust : 9335 combattants, 223 tués, 1016blessés.

Totaux généraux : 68867 combattants, dont51171 d’inlanterie, 12200 de cavalerie et2406 d’artillerie, 1288 tués, 6903 blessés.