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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Dès le soir du 12 octobre, des patrouilles françaises se montrèrent auxportes de Leipsick. Le quartier général du grand-duc de Berg s’établit entrecette ville et Zeisl ; celui du maréchal prince de Ponte-Corvo à Zeist; lequartier impérial, la garde, le corps du maréchal Soult, à Géra, et celuidu maréchal Nev à Neustadt. En avant de cette ligne, le maréchal Davonsts’empara de Naumbourg et des magasins nombreux établis par l’ennemidans celte place, particulièrement d'un superbe équipage de pontons attelés,et fit des prisonniers, l e maréchal Lannes prit poste à léna, et le maréchalAugereau à Kala. La facilité que chacun d eux trouva dans l'établissementde son quartier général sur ces deux points fut le résultat d’une faute gravecommise par les chefs de l’armée prussienne, et peut-être l’une des princi- ,pales causes de leur défaite dans la bataille d'Iéna .

Le roi de Prusse avait eu l’intention de commencer les hostilités le 9 octo-bre; il se proposait de déboucher sur Francfort par sa droite, sur Wurtzbourg par son centre, cl sur Bamberg par sa gauche.

La position qu’il avait fait prendre à son armée secondait ses projets; déjàtoutes ses divisions étaient préparées pour l’exécution de ce plan, lorsque, sèvoyant prévenu par l'empereur Napoléon, et tourné par l’armée française, ilsentit la nécessité de faire de nouvelles dispositions. Les journées des 9, 10, 11et 12 octobre furent employées cà rappeler tous les détachements qu’il avait déjàpoussés en avant; et, dans celle du 13, son armée, changeant de direction, vintse former en bataille entre Capellendorf et Auerstaedt, faisant face à la Saab L’avant-garde des Prussiens, commandée par le général Tavenzien, occupaitles hauteurs qui environnent Lulzerode; les feux pouvaient atteindre aisémentle plateau sur lequel l’armée française bivouaqua pendant la nuit qui précédala journée du 14, et plongeaient sur tous les défilés qu’elle devait franchir pourdéboucher dans la plaine. Sa gauche était soutenue par le corps d’armée dugénéral Holzendorff, et celui du prince de Hohenlohe formait derrière elle lecorps de bataille.

Dans sa nouvelle position, qui paraissait aussi inexpugnable que sa pre^-mière, l’armée prussienne défendait la chaussée de Weimar et manœuvrait:pour forcer le passage de la Saal; mais ses chefs, qui n’avaient aucun plan'déterminé pour le succès de cette opération, ni pour la bataille, qirils-ne pou-vaient éviter, s’étaient laissé prévenir sur tous les points qui auraient pu leurfaciliter le passage de la rivière.

L’empereur Napoléon arriva le même jour, 13 octobre, à léna,.sur les deuxheures de l'après-midi, et se rendit au même instant sur le plateau qui estemavant de cette ville, dont son avant-garde s’était emparée, pour y reconnaîtreles positions de l’ennemi. Elles paraissaient établies sur T espérance? que Tannéefrançaise ne pourrait déboucher dans la plaine qu’en forçant le passage de lachaussée, dont le plateau formait le principal abord, et sur ce que toute l’éten-due de ce plateau suffisait à peine pour le déploiement de quatre bataillons;mais toutes les difficultés s’aplanissent devant nos soldats, et surtout lorsqu’ils