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HISTOIRE DE L’ARMEE
sont sous les yeux de Napoléon . L’empereur fit travailler toute la nuit pourrendre praticable, dans le roc, un chemin qui pût conduire l’artillerie sur lahauteur, et pour faciliter le déploiement de toutes les troupes que l’on ne pou-vait placer sur le plateau par des débouchés qu'on fit ouvrir, à partir de laville, et continuer jusque dans les vallées qui l’avoisinent.
Pendant que ce travail s’exécutait , le corps d'armée du maréchal Lannesvint prendre position sur le plateau; il fut rangé par les soins du général Vic-tor. La division Suchet occupait le penchant à droite; la division Gazan celuide la gauche, et le maréchal Lefebvre établit l’infanterie de la garde impé-riale au centre, sur le sommet. Par cette position, chaque division formait uneaile; le canon de chaque corps était placé dans les intervalles. Le maréchal Au-gereau appuyait la gauche de cette position par celle qu’il avait prise à Kala;le maréchal prince de Ponte-Corvo reçut l’ordre de déboucher par Dornbourgpour tomber sur les derrières de l’ennemi, s’il se portait en forces sur Naum-bourg ou sur léna, et le maréchal Davoust celui de déboucher par Naumbourg et de prendre une position pour défendre les défilés de Kosen, dans le cas oùl’ennemi marcherait sur Naumbourg , et se porter sur TApolda pour le prendreà dos, s’il restait dans sa position. Les maréchaux Ney et Soult, dont les corpsd’armée n’avaient pas encore eu le temps d'arriver, marchèrent toute la nuit.
L’empereur Napoléon passa au bivouac et an milieu de ses braves cette nuitdont l’appareil offrait le spectacle le plus imposant, celui de deux armées quin’attendaient que la clarté du jour pour s’égorger. L’armée prussienne dé-ployait son front sur six lieues d’étendue; l’armée française concentrait lessiens sur un petit point. Les feux étaient de part et d’autre à demi-portée decanon ; les sentinelles auraient pu se parler, et il ne se faisait pas un mouve-ment qui ne fût entendu. Dès la pointe du jour, l’armée française prit lesarmes; un brouillard épais obscurcissait le temps. Avant de commencer l'ac-tion, l’empereur Napoléon parcourut plusieurs lignes; en passant devant lefront de chacun des corps, il leur recommanda la cavalerie prussienne, sivantée jusqu’alors, malgré les souvenirs de la Champagne ; il leur rappelal’anniversaire d’Ulm, qui renouvelait, pour l’année prussienne, la situationde l’armée d’Autriche ; il leur fit observer que, cernés comme elle, lesPrussiens avaient aussi perdu leurs lignes d’opérations, leurs magasins et lamajeube partie des ressources qui leur étaient nécessaires pour attaquer oupour se défendre, et qu’ils étaient aussi réduits, après quelques jours de cam-pagne, à combattre, moins encore pour acquérir de la gloire que pour obtenirune retraite en essayant de faire, sur différents points, une trouée qui devien-drait l'opprobre de tous les corps dont la résistance ne serait pas assez vivepour en empêcher l'effet. Des cris multipliés de Marchons! Marchons! succédè-rent cà ce discours de l'empereur, et, sur-le-champ, les tirailleurs engagèrentle combat par une vive fusillade. L’ennemi ne put résister à l’impétuosité decette attaque, et, malgré les avantages de la position qu’il occupait, l’arméefrançaise, surmontant tous les obstacles que la nature a multipliés sur tous les