ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 173
points du terrain qu’elle devait parcourir avant de l’atteindre, l’en débusqua,se répandit dans la plaine et prit son ordre de bataille.
Les Prussiens, qui n’opposèrent à cette première attaque que les effortsd’une vive défense, se replièrent afin d'attendre, dans une nouvelle position,que le brouillard fût dissipé pour attaquer de leur côté. Us sentirent alorsla nécessité de détacher 30,000 hommes de leur gauche pour couvrir les dé-filés de Naumbourg et s’emparer des débouchés de Kosen; mais ils trouvè-rent sur tous les points de cette attaque le maréchal Davoust, qui les y atten-dait depuis la pointe du jour. Le reste de leur armée, formant la droite et lecentre, dont la force était encore de 80,000 hommes, se porta en avant surl’armée française, qui achevait de déboucher du plateau d’iéna. L’armée prus-sienne était nombreuse en belle cavalerie; toutes les armes qui la compo-saient manœuvraient avec précision et célérité. Les forces étaient à peu prèségales des deux côtés, quoiqu’il manquât encore dans l’armée française, de-puis l’arrivée du maréchal Soult, une partie des troupes du maréchal Nev, quiétaient restées en arrière, la grosse cavalerie, qui ne pouvait pas rejoindreavant midi, et la cavalerie de la garde, qui était à trente-six heures de marche.
D'après ces considérations, l’empereur eût désiré de retarder l’attaque dequelques heures, afin d'attendre, dans la position qu’il venait de se procurer,l’arrivée des troupes qui devaient le joindre, et surtout celle de la cavalerie.Mais à la guerre aucune considération ne peut, dans certains moments, balan-cer l'avantage de prévenir l’ennemi et d’atlaquer le premier. Ilétaitd’ailleursdifficile de contenir l’ardeur des soldats français à l’approche du combat.L’effet de cette vérité ne tarda pas à se manifester. Un beau soleil d’automneparvint enfin à dissiper le brouillard qui couvrait les deux armées depuis deuxheures; elles commencèrent à s’apercevoir à petite portée de canon.
Au sortir du débouché, la gauche de l'armée française, commandée par legénéral Augereau, s’était appuyée sur le village d’Itterstedt et sur les bois quile bordent. La>garde impériale, sous les ordres du maréchal Lefebvre, séparaitcette gauche du centre, commandé par le maréchal Lannes. Le maréchalSoult commandait la droite, et le maréchal Ney, qui en faisait partie, n’avaitencore que trois mille hommes d’arrivés. Le surplus de la ligne était plusparticulièrement chargé de faire face aux 30 000 hommes de la gauche, déta-chés par l’ennemi. Plusieurs bataillons s’étant engagés dans un aulre village,l’ennemi s’ébranla pour les en déposter. Le maréchal Lannes mitsestroupes enmarche, par échelons, sur le village, pour le soutenir. Dans le même temps,le maréchal Soult, qui venait de déboucher par Closwitz, attaquait, sur sadroite, un bois défendu par le corps prussien sous les ordres du lieutenant-général Holzendorff. D’un autre côté, l'ennemi fit un mouvement de sa droitesur la gauche de l'armée française, et le maréchal Augereau se mit en mar-che pour le repousser. En moins d’une heure l’action devient générale;230,000 hommes sont aux prises, 7 à 800 pièces de canon vomissent la mort;on emploie toutes les ressources que le génie destructeur a inventées. Le sangcoule, le courageet l’audace bravent la mort, affrontent tous lesdangers pour mé-