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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMEE

passant cette dernière ville, si vaillamment défendue pendant la guerre deSept Ans, et se dirige sur Posen. Augereau occupe Francfort , et Ney bloqueMagdebourg , qui va bientôt lui apporter ses clefs.

L’œil de Napoléon embrasse à la fois tout le théâtre de la guerre. De Ber-lin , où il est resté avec la garde impériale, il dirige les mouvements de tousles généraux. Pendant que ses aigles franchissent d’un vol rapide l'espace quisépare le Rhin de l’Oder , Mortier, avec deux faibles divisions du huitièmecorps d’armée, occupe la principauté de Fulde, s'avance sur Cassel de concertavec le roi de Hollande et s’empare de tout l’électorat de Hanovre .

Bliicher, ainsi que nous l'avons dit, était parvenu à échapper à la cavaleriede Murat et s’était réuni, à Mecklembourg, au corps du duc de Weimar , com-mandé par Wining. Mais, traqué par Soult, Bernadotte et Murat, et prévenude tous côtés, il s’enferma dans Lubeck , où ses colonnes arrivèrent le 6. Blü—cher avait fait ses préparatifs de défense. L’assaut fut ordonné et la ville futemportée de vive force. On se battitdans les rues, et au milieu de la chaleur ducombat celte riche et belle cité subit toutes les horreurs de la guerre. Bliicherparvint encore à s’échapper avec 10,000 hommes. Il se retira derrière la Trave.Mais il ne pouvait retarder sa perte que d’un jour. Le lendemain il fut forcéde mettre bas les armes.

Enfin, Magdebourg capitula avec 20,000 hommes de garnison et 600 piècesde canon.

La campagne de Prusse était terminée, elle avait duré sept semaines, ainsique nous l’avons dit, et produit des résultats inconnus jusqu’alors à la guerre.Dans cette courte période les troupes françaises s’étaient avancées au pas decourse du Rhin jusqu’à la Yistule, avaient gagné deux grandes batailles enun seul jour, fait 100,000 prisonniers, enlevé 4,000 pièces de canon, 6 placesde premier ordre et plusieurs autres moins considérables. Ces résultats, hâ-tons-nous de le dire, étaient dus à l’habile application des principes de laguerre de la part de l’empereur et à l’irrésistible impétuosité de l’armée. Tousétaient animés du même esprit, chefs et soldats; tous avaient fait leur devoir.Si maintenant on recherche la cause militaire de la destruction si rapide et sicomplète de l’armée prussienne après Iéna , nous dirons, avec les écrivains lesplus compétents, qu’elle fut la conséquence de l’application du faux système desretraites partielles préconisé par les aristarques prussiens, et qui ne manquaitpas de partisans en Europe . Le terrible démenti que nos soldats venaient dedonner à ce système prouve combien il était dangereux et contraire à la rai-son. Si les divers corps de l’armée prussienne s’étaient réunis après la journéedu 14 octobre, nul doute qu’ils n'eussent opéré leur retraite sur l’Oder . En seretirant isolément ils furent battus, coupés, entourés et pris.

Napoléon, avant de quitter Berlin pour marcher en Pologne , rendit ce fa-meux décret qui frappait d’interdit les ports de la Manche et les mettait en étatde blocus.

Ne pouvant saisir sur les mers sa redoutable ennemie l’Angleterre, l’empe-reur espérait l’atteindre dans son commerce en la mettant au ban des na-