181
ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
tions. Par suite de ce système, il donna ordre à ses lieutenants d’occuper lesvilles anséatiques et d’y détruire les traces du commerce anglais. Hambourg ,Brême, Lubeck, Travemunde , furent occupés par nos soldats. Les bouches duWeser, de l’Elbe et de l'Oder, ces grandes portes du commerce de l’Allemagne ,furent fermées tout à coup et gardées par des sentinelles françaises.
Pendant ce temps les infatigables lieutenants de Napoléon ne restaient pointinactifs; après avoir détruit tout ce 'qui restait de soldats prussiens entre leRhin et l'Oder, ils avaient franchi ce dernier fleuve et s’avançaient vers la Po-logne au-devant de cette armée russe qui, vaincue et foudroyée à Austerlitz ,osait encore une fois tenter le sort des armes. Du reste, l’hiver commençait àsévir, il fallait prendre un parti. Deux moyens se présentaient à la pensée del’empereur: l’un était de rayer la Prusse de la liste des nations de l’Europe etde la diviser entre les divers États de l’Allemagne ; l’autre était de faire allianceavec la Prusse, mais après l’avoir forcée de reconnaître le rétablissement dela Pologne et lui avoir enlevé le Hanovre, les États de Franconie, de Saxe et deWestphalie . Des négociations furent ouvertes à ce sujet et n’amenèrent aucunrésultat. L’approche de l’armée russe remit tout en question. Napoléon quittaBerlin et transporta son quartier général à Posen . C’est là qu’il rendit ce dé-cret daté de son camp impérial de Posen , le 2 décembre 1806, et portant quesur l’emplacement de la Madeleine il serait élevé un monument avec cetteinscription : l’emperelr Napoléon aex soldats de la Grande-Armée (I).
La campagne de Pologne était commencée. Un nouveau théâtre s’ouvrait ànos armées. Elles touchaient aux confins de cette vieille terre de la liberté, de laPologne , notre alliée fidèle, si odieusement mutilée vers la findu dernier siècle,
(1) Ce décret est un des plus beaux titres de gloire de l’armée française, aussi croyons-nousdevoir le rapporter en entier.
Art. I er . Il sera établi sur l’emplacement de la Madeleine de notre bonne ville de Paris , aux fraisdu trésor de notre couronne, un monument dédié à la Grande-Armée, portant sur le frontis-pice : L’empekeur Napoléon adx soldats de la Grande-Armée.
Art. II. Dans l'intérieur du monument seront inscrits, sur des tables de marbre, les noms detous les hommes, par corps d’armée et par régiment, qui ont assisté aux batailles d’Ultn, d’Aus-l erlitz et d'Iéna , et sur des tables d’or massif les noms de tous ceux qui sont morts sur leschamps de bataille. Sur des tables d’argent sera gravée la récapitulation, par département, dessoldats que chaque département a fournis à la Grande-Armée.
Art. III. Autour de la salle seront sculptés des bas-reliefs, où seront représentés les colonelsde chacun des régiments de la Grande-Armée avec leurs noms; ces bas-reliefs seront faits demanière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade parcorps d’armée. Les statues en marbre des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ontfait partie de la Grande-Armée seront placées dans l’intérieur de la salle.
Art. IV. Les armures, statues, monuments de toute espèce enlevés par la Grande-Arméedanscesdeux campagnes, les drapeaux, étendards et timbales conquis par la Grande-Armée, avecles noms des régiments ennemis auxquels ils appartenaient, seront déposés dans l’intérieur dumonument.
Art. V. Tous les ans, aux anniversaires des batailles d’Austerlitz et d’Iéna , le monument sera