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HISTOIRE DE L’ARMÉE
d’où il chassa l'arrière-garde de Beningsen. Pendant ce temps, Davoust forçaitle passage de l’Ukra à Kursumb, après un combat glorieux pour le 14 e de ligne.Les généraux ennemis se mirent en retraite de toutes part. Napoléon , pourterminer la campagne par un de ces coups de foudre qu’il savait frapper si àpropos, résolut de tourner les Russes par leur droite et de les prévenir surleur ligne de retraite à Rozaes. Ses généraux manœuvrèrent en conséquence.Le vieux général Kaminski, comprenant l’étendue du danger dont il était me-nacé, ordonna une retraite générale sur Ostrolenka et Loinza.
Le froid n’avait pas encore sévi et les chemins étaient affreux. Kaminski,dans sa terreur et craignant de se voir embarrassé par son artillerie dans sonmouvement de retraite par les houes tenaces et profondes de cet affreux pays,ordonna à ses généraux de l’abandonner. Mais les généraux qui commandaientsous ses ordres s’y refusèrent. Beningsen rassembla la sienne à Pultusk ;Buxhowden , commandant en chef la 2 e armée, réunit également la sienne àMakow, et Golymin fut occupée.
Le général Lannes attaqua Beningsen à Pultusk , le 26 décembre; le combatfut sanglant. Les Russes , fortement établis et ayant une immense artillerieet desforces supérieurs en nombre (I), opposèrent une résistance inébranlable. L’im-pétueux général ne s’inquiéta pas du nombre des ennemis, il connaissait labravoure de ses troupes, il s’apprêta au combat. Le général Beningsen avaitrangé ses troupes en avant de Pultusk , ayant le dos à la ville et l’une de sesailes appuyée à la rivière qui la traverse.
Lannes rangea sa petite armée en bataille et plaça la division Suchet enpremière ligne et garda la division Gazan en réserve. Une vaste forêt couvraitles environs de la ville; au sortir de cette forêt on apercevait un plateau quidomine la ville. C’est là que se trouvait l’armée russe. — Le maréchal Lannesdéboucha de la forêt avec la seule division Suchet, formée en trois colonnes.Le projet du maréchal était digne d’un lieutenant de Napoléon , il voulaitmanœuvrer par sa droite et vers la Narew , espérant percer jusqu’à la ville etmettre ainsi l’armée russe dans une position très-critique. H porta donc auda-cieusement ses colonnes en avant sous une pluie de mitraille.
Lannes n’avait que quelques pièces de canon transportées à grand' peine. Ilne pouvait répondre à ce feu violent. Pour surcroît de difficulté, la terre étaittellement détrempée, que les soldats ne pouvaient arriver que lentement.Mais rien ne pouvait arrêter l’élan de pareils hommes; ils abordèrent l’ennemiavec tant d’impétuosité qu’ils allaient le précipiter dans la rivière, sans l’ar-rivée du corps de réserve des Russes . Le combat recommença avec acharne-ment et dura jusqu’à la nuit. Les Russes vaincus abandonnèrent enfin cechamp de bataille si obstinément disputé. Ils avaient perdu près de 3,000hommes tués ou blessés, et laissaient en outre entre nos mains 2,000 prison-niers et une immense artillerie. Les Français , de leur côté, avaient eu i,o00hommes au moins mis hors de combat.