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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Colbert avait alors trente et un ans.

Mais sa mort fut promptement vengée ; les troupes qui avaient traversé lepont en même temps que lui s’élancèrent à travers les vignes, et escaladant lamontagne , de terrasse en terrasse, forcèrent les Anglais à la retraite ;300 hommes à peu près furent tués et blessés de part et d’autre dans cetteescarmouche.

L’armée britannique se retirait avec une telle précipitation, qu’elle avaitparcouru en quarante-huit heures les vingt-cinq lieues qui séparent Villa-Franea de Lugo , où elle arriva le 5 dans la soirée, après avoir semé sur la routeune partie de son trésor, ses gros bagages et une vingtaine de pièces d’artil-lerie : les Français marchaient au milieu de villages incendiés, de chevaux tuésou mutilés par leurs conducteurs, de femmes expirantes, victimes de la bru-talité des soldats, et de cadavres couverts d’uniformes anglais , qui attestaientque les paysans avaient essayé de rendre à leurs blessés le mal que ceux-ci leuravaient fait. A quelques lieues de Villa-Franca les Français s’emparèrent d’unconvoi d’argent, évalué à 1,000,000 à peu près, qu’on trouva dans une voi-ture abandonnée par ses conducteurs, qui s’étaient retirés en emmenant leurschevaux.

A Ferreira, notre avant-garde rencontra l’arrière-garde ennemie : celle-ci,en se retirant, voulut faire sauter un petit pont dont la rupture devait retardernotre marche; mais la terreur était si grande, que l’ennemi, en apercevant notrecavalerie qui s’apprêtait à charger, prit la fuite sans avoir le temps de mettrele feu à la mèche.

Cependant le général Moore avait reconnu l’impossibilité de soutenir jusqu’àla mer une retraite ainsi désorganisée. Aussi, profitant de la position, qui luiparut bonne, résolut-il de faire une halte de deux jours pour rétablir l’ordredans son armée, et pour arrêter la nôtre par une démonstration d’autant plusefficace qu’elle serait plus inattendue.

En etfet, l’étonnement du maréchal ‘Soult fut grand lorsqu’en arrivant àLugo il vit ces préparatifs de défense : mais, pressé par les instructions deNapoléon , qui lui ordonnaient de ne laisser aucun relâche à l’ennemi, il réunitses colonnes et se prépara à attaquer.

Les Anglais étaient placés en arrière de Lugo ; ils avaient leur droite ap-puyée au Minho et leur gauche à des montagnes.

La journée du 6 se passa en escarmouches entre l’avant-garde française etles grands postes anglais .

Dans la nuit du 6 au 7, le maréchal Soult vit arriver successivement toutesses troupes, 24,000 hommes à peu près. Au point du jour, il forma son arméeen bataille, plaça à l’aile droite une partie de sa cavalerie, destinée à tournerl’aile gauche de l’ennemi, abordable sur ce point seulement, mais qui, unefois abordé, étaitperdu; une division d’infanterie et une batterie d’artillerie légèresoutenaient la cavalerie. Le reste de la journée fut donné aux soldats pour sereposer, attendu que les vainqueurs étaient aussi las et aussi affamés que lesvaincus ; car, marchant aussi vite qu’eux, puisque nos avant-postes harcelaient

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