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HISTOIRE DE L’ARMEE
D’après le plan de Napoléon, deux armées devaient envahir le Portugal :l’une, aux ordres du maréchal Victor, devait descendre le Tage et traverser lahaute Estramadure ; l’autre, conduite par le maréchal Soult, devait passer leMinho à Tuy, et s’avancer dans l’intérieur du royaume par Braga et Oporto .
Le 1 er février ce dernier corps d’armée se mit en mouvement pour traverserle Minho à Tuy, suivant la route qui s’étend entre Salvatiera et Gardia; mal-heureusement on était alors au plus fort de l’hiver, les torrents étaient grossis ;et le Minho, à sec l’été, comme presque toutes les rivières d’Espagne , étaitdevenu un véritable fleuve. Le défaut d’embarcations nécessaires et la nécessitéd’opérer le passage sous le canon de la forteresse portugaise de Valencia , déter-minèrent le maréchal Soult à remonter le Minho jusqu’à Ozeuse; il espéraittrouver sur ce point un passage moins difficile et surtout moins gardé; il nes’était pas trompé; arrivé dans cette ville, après un engagement avec les pay-sans galiciens, le maréchal Soult traversa le Minho sans obstacle.
L’armée s’avança sur Oporto : 50,000 hommes gardaient cette ville; mais,dit le journal du maréchal Soult, lorsque le 2 e corps parut sur les rives duMinho , les provinces septentrionales furent frappées de terreur ; elles com-prirent que les Français étaient de terribles ennemis. Les forces régulièresportugo-espagnoles s’élevaient à 16,000 hommes et s’étendaient , le long dela vallée de Taméga, depuis Monterey jusqu’à Chaves ; c’était la premièreligne de défense du Portugal. 25,000 hommes postés à Braga formaient ladeuxième ligne. Enfin, l’évêque d’Oporto , à la tête d’une multitude de paysansrenforcés de quelques troupes régulières, formait la troisième ligne.
Le 4 mars, l’armée française se mit en mouvement; le 5, l’avant-garde étaità Villaréal.
Le maréchal Soult envoya aussitôt trois divisions d’infanterie et une decavalerie sur Monterey .
A mesure que les Français s’avançaient, les Espagnols quittaient leurs posi-tions et se repliaient sur Monterey . Enfin, arrivé au pied des montagnes d’Or-duna, on rencontra le marquis de la Romana avec 25,000 hommes à peu près,tant de troupes qu’il avait organisées à Léon que de nouvelles levées qu’il avaitfaites en Galice .
Le maréchal se porta aussitôt de sa personne pour examiner la position desEspagnols , et, l’ayant reconnue, donna l’ordre de les attaquer en queue, tandisque lui-même les attaquerait en tête. Pris entre deux feux, les Espagnols seformèrent en carré ; mais à peine, après avoir résisté un instant aux troupeslégères, virent-ils s’avancer les colonnes d’attaque, que, sans attendre leur choc,ils se débandèrent, abandonnant aux Français leur position, dix pièces decanon, sept drapeaux et une grande quantité de munitions. Les fuyards, pour-suivis par Franceschi et la cavalerie, prirent en désordre la route de Sanabria etde Puebla ; quelle que fût la rapidité avec laquelle ils se jetèrent dans les mon-tagnes, les vainqueurs n’en firent pas moins 2,500 prisonniers. Mais ne sachantque faire, et n’ayant pas trop de soldats pour les faire accompagner par une es-corte, le maréchal leur rendit la liberté à la condition qu’ils ne serviraient plus