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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Heureusement pour lui, au moment où l’on vient de déloger les quelquespostes autrichiens restés dans le village de Mullenten, dans le château deSachsengaug, dans le village de Wittau et dans le bourg d’Enzersdorf, Napoléons’aperçoit que Berthier a commis une erreur dans l’expédition de ses ordres.Davoust, comme nous l’avons dit, était destiné à former l’aile droite et Oudinotle centre. Trompé par les ordres du major général, Davoust, au contraire, apassé sur les ponts du centre, et Oudinot a passé sur les radeaux de la droite :il faut que chacun reprenne sa position, et l’on perd deux ou trois heures danscette manœuvre; quelque diligence que mette Napoléon , il ne peut atteindreRaasdorf avant trois heures du soir, et c’est nous qui à notre tour avons perdul’occasion d’écraser l’archiduc avant la réunion de toutes ses forces. Cependantà six heures du soir notre ligne est formée et nos réserves en position : notrearmée a pivoté sur sa gauche, sa droite et son centre se sont emparés de tousles petits villages qu’ils ont trouvés sur leur route ; sa droite, commandée parDavoust, s’appuie à Glinzendorff et est flanquée par Grouchy et ses dragons;sa gauche, commandée par Masséna, s’étend entre Brentlée et le Danube :Bernadotte a en face de lui Aderklaa; enfin, Eugène et Oudinot en marchantdroit devant eux, attaqueront Wagram , Beaumersdorff et Grosshauffen.
Quant aux Autrichiens, ils forment une ligne parallèle à la nôtre, quoiqueplus étendue et plus circulaire. Rosemberg et Ilohenzollern tiennent à l’ex-trôme gauche le plateau de Nunziédel, et, défendus par le Rusbach, font faceà Davoust ; le centre, sous les ordres de Bellegarde, tient Wagram et fait faceà Bernadotte, à Eugène et à Oudinot ; enfin, Klénau et Kollowrath, formantun angle obtus avec le reste de la ligne, s’étendent de Wagram en passant parGérarsdorf jusqu’au pied du Bisamberg .
Il est sept heures du soir lorsque ces dispositions sont prises, à peine reste-t-il une heure de jour ; n’importe, Napoléon ne veut pas perdre l’avantage quelui offre l’absence de l’archiduc Jean; l’ordre de l’attaque est donné et courtsur toute la ligne.
Aussitôt Masséna s’empare des retranchements qu’il a en face de lui, et en-lève successivement et au pas de charge Essling et Gross-Aspern ; à l’attaquede ce premier village son cheval s’abat sous lui, on le croit mort un instant ;heureusement il n’est que blessé ; sa cuisse et son bras, engagés sous le cheval,ont été foulés; mais tout échauffé qu’il est par l’action, il se remet en selle etcontinue de commander.
En même temps, le prince de Ponte-Gorvo fait enlever par les Saxons le vil-lage de Raasdorf, Eugène débouche sur Wagram, Oudinot seul est arrêté àBeaumersdorff, que le général Hardegg défend avec acharnement.
A neuf heures les trois divisions Sérac, Pacthod et Lamarque, sous les ordresde Macdonald, attaquent Wagram , centre de l’armée ennemie, et d’abordemportent le village, font 3,000 prisonniers et enlèvent 5 drapeaux ; maisalors le prince Charles fait avancer ses réserves, et au moment où Macdonalddébouche au delà de Wagram, il se trouve pris entre le feu croisé de deuxbatteries et attaqué de front par les grenadiers ; en ce moment il apprend