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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES REGIMENTS . 273

Rosemberg commença son mouvement en marchant sur Glenzendorf : ce mou-vement offensif étonne Napoléon ; il a cru attaquer, et c’est lui qu’on attaque.Davoust s’avance à la rencontre de Rosemberg et reçoit le combat de front;l’empereur se porte aussitôt à son secours avec la garde et la division de cui-rassiers du duc de Padoue et de Nansouty : deux charges de grosse cavaleriepénètrent jusqu’au fond des colonnes autrichiennes ; Rosemberg est repousséderrière la Russbach .

Pendant ce temps, Bellegarde a occupé fortement Aderklaa . On voit ses co-lonnes se masser autour de ce village. Napoléon pousse aussitôt sur lui lecorps de Masséna ; malheureusement moulu de sa chute de la veille, Massénan’a pu remonter à cheval, et au lieu de guider ses colonnes, il est obligé de lessuivre en calèche. Aderklaa n’en est pas moins enlevé au pas déchargé et avecla plus grande vigueur ; mais comme Masséna n’est point au milieu d’ellespour régler leur mouvement, les troupes françaises, au lieu de faire halte dansle village et de se contenter de son occupation, en débouchent. Bernadotte ,qui voit le corps de Masséna s’aventurer, appuie à droite pour le soutenir avecDupas et ses Saxons; en ce moment l’ennemi paraît vers Sussenbrun. Massénase jette au-devant de lui et l’arrête en avant de ce village; mais l’archiduc pro-fitant de ce mouvement qui dégarnit Aderklaa , marche avec ses grenadierssur ce même village, et en chasse Gouvion Saint-Cyr , qui est obligé de sereplier en désordre sur Molitor. Les Saxons culbutés sont mis en déroute : unjeune colonel fait tout ce qu’il peut pour arrêter son régiment, mais voyantque tout est inutile, menaces comme prières, il arrache le drapeau des mainsde celui qui le portait, s’avance vers un régiment de la garde impériale, et je-tant son drapeau dans les rangs des grenadiers: « Français , dit-il, je vousconfie ce drapeau, vous saurez le défendre; mon régiment à moi est partoutoù l’on fait face à l’ennemi. » A ces mots il saute à bas de son cheval, ramasseun fusil, passe une giberne, et prend son rang parmi les grenadiers. Ainsi l’é-chec que l’archiduc vient d’éprouver à son extrême gauche a sa compensationdans le succès qu’il vient de remporter à son centre. Alors paraît la droite desAutrichiens; Kollowrath et Klenau, avec cinquante mille hommes réunis enune seule masse, s’avancent sur Brentlée et Herichstetten, c’est-à-dire dansl’intervalle que Bernadotte a laissé libre entre sa gauche et le village de Gross-Aspern, où il ne reste que la division Boudet. Masséna voit le danger : il com-prend qu’il n’a pas une minute à perdre s’il ne veut pas laisser isoler l’arméede ses ponts ; il se jette à gauche avec trois divisions, rencontre l’ennemi prèsde Newirthaus, et continue sa marche de flanc; mais il est harcelé par descharges successives et sans cesse renouvelées, auxquelles à chaque moment ilest obligé de faire face. Pendant ce temps, la colonne de Klénau continue sonmouvement sur Gross-Aspern. La division Boudet sort alors de ce village ets’apprête à lui en disputer la possession. Klénau, qui est trois fois plus nom-breux qu’elle, la heurte, la repousse, l'écrase; sans appui sur sa droite, la di-vision Boudet se replie sur la tête du pont, son artillerie est enlevée, Gross-Aspern est repris, notre gauche est forcée; Bernadotte et Masséna s’établissentlit. 35