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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Pendant ce temps, Davoust, qui, tout en envoyant une partie de ses troupesau secours du centre, a gardé le commandement de la droite, reçoit Tordre dedéborder la gauche de l’ennemi et de rejeter sur Wagram tout ce qui s’oppo-serait à sa marche. Friant et Morand se mettent à la tête de leurs divisions,passent la Russbach au-dessous de Glenzendorf et débouchent entre Sussenbrunet Margraf-Nunziedel. Davoust attaque ce dernier village avec deux autres di-visions. Quant à üudinot, ses ordres se bornent à contenir Hohenzollern dansBaumersdorf.

L’ordre s’exécute avec la vigueur et la précision que Ton peut attendre depareilles troupes, commandées par de pareils chefs. Rosemberg, débordé etforcé de faire face, exécute la même manœuvre qu’a faite Masséna sur notregauche, c’est-à-dire qu’il figure un angle droit. Davoust, Friand et Morands’acharnent après la tour de Nunziedel, qui, une fois prise, lui enlèvera sonpoint d’appui. Un combat horrible s’engage sur ce point; tous les efforts desAutrichiens se réunissent contre Davoust. Ramenés trois fois à la charge,1,200 des leurs viennent mourir sur nos baïonnettes. Rosemberg va être forcé :il envoie demander du secours à Hohenzollern, qui, voyant la faiblesse aveclaquelle l'attaque Oudinot, croit pouvoir se dégarnir et lui envoie une partiede ses troupes. Mais en ce moment Oudinot, qui depuis une heure se trouveau milieu d’un feu terrible, se laisse aller peu à peu à l’ivresse du bruit et dela fumée. Son inaction lui pèse; il ne comprend pas pourquoi lui seul estcondamné à rester oisif tandis que les autres font une si rude besogne. Sessoldats demandent à marcher; il n’y tient plus. L’ordre de la charge estdonné; lui-même se met à la tête de ses soldats en criant : En avant 1 Deux deses brigades sont ramenées ; il se met à la tête de la troisième, force le passagede la Russbach et gravit le plateau de Nunziedel, chassant tout devant lui. Laposition de Rosemberg devient alors plus critique que jamais; débordé parMonlbrun et Morand, attaqué de front par Davoust, coupé d’Hohenzollern etpris à revers par Oudinot, il prend en désordre le chemin de Bockflied, et setrouve séparé entièrement de l’armée qu’il ne peut plus rejoindre.

Napoléon suit à la fois les progrès de son aile droite et les mouvements deson centre. Il voit les feux de nos soldats gagner Nunziedel et couronner leplateau de Wagram ; il voit Eugène arriver et prendre position. C’est le mo-ment qu’il attendait : un aide-de-camp se détache du groupe qui l'entoure etva porter â Masséna Tordre de reprendre l’offensive. Au bout d'un Instant,Tordre est exécuté.

A la faveur de cette double attaque et du dévouement de Drouot et de sonartillerie, Napoléon a pu réunir à son centre une masse considérable; Mac-donald prend la tête ; huit bataillons sont déployés, treize autres se formenten colonnes serrées sur leurs deux ailes. Derrière eux marcheront Wrede etSerras ; les flancs seront couverts par la cavalerie légère et les cuirassiers deNansouty ; Pactod les secondera à droite, Durutte les appuiera à gauche;enfin Marmont et les Saxons, qui ont à venger leur défaite du matin, sou-tiendront l’armée d'Italie.