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Tome troisième.
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294 HISTOIRE DE L'ARMÉE

l’ennemi sans se donner le temps de déployer ses colonnes d’attaque. Ce fauxmouvement donna aux Anglais un grand avantage. Ils se formèrent en ba-taille et attendirent de pied ferme. Dès que les Français furent à portée, ilsles reçurent avec un feu de deux rangs très-meurtrier et non interrompu.Tous les coups portaient dans cette masse serrée et dont la tête seule pouvaitrépondre- Le général Pépin fut blessé mortellement ; les généraux Rrayer etMarencin furent mis hors de combat, ainsi que le général Gazan. Le décou-ragement se mit dans les rangs des Français ; ils se replièrent en désordre.Le général Girard essaya vainement de les reformer en bataille et d’exécuterun passage de lignes ; il n’y put parvenir sous un feu aussi violent que celuides Anglais .

Le maréchal Soult essaya à son tour de rétablir l’ordre de la bataille; ilporta en avant toute sa réserve, mais le général Wouerley, qui la commandait,fut tué, et les troupes ne purent tenir devant un ennemi trois fois plusnombreux.

L’ennemi prit à son tour l’offensive et s’avança avec tant de rapidité, quesans l’artillerie française , l’armée toute entière était exposée à périr. Le ma-réchal envoya prévenir le général Godinot de se replier en toute hâte. Il étaitencore maître du village d’Albuéra. Ses troupes se rallièrent à celles du maré-chal au delà du ruisseau , se réorganisèrent promptement et reprirent leurspositions de la veille.

Ainsi se termina la bataille d’Albuéra, une des plus sanglantes qui aient étélivrées en Espagne. Les Français y perdirent 6,500 hommes hors de combat;2 généraux de tués et 3 autres généraux blessés gravement. Les pertes desennemis furent évaluées à près de 10,000 hommes. Deux jours après la ba-taille, le maréchal Soult opéra sa retraite et se retira à Llerena , à 15 lieues deRadajoz. Dans cette position, il protégeait l’Andalousie et se trouvait à portéede tomber sur les derrières de l’armée ennemie, dans le cas où elle mar-cherait sur Séville .

Après la retraite des Français , lord Wellington vint prendre la directionsupérieure des operations sur la Guadiana et mit le siège devant Badajoz ; latranchée fut ouverte dans la nuit du 29 au 30 mai 1811. Le 6 juin, une brèchefaite au fort San Christoval fit juger l’assaut praticable, et l’assaut fut résolupour neuf heures du soir. 1,500 hommes des meilleurs soldats anglais furentchoisis pour monter sur la brèche ; ils furent repoussés après trois chargessuccessives. Le 9 juin suivant, un nouvel assaut fut ordonne, et comme lepremier il n’eut d’autre résultat que de faire éprouver aux soldats anglais unsanglant échec. En effet, les ennemis perdirent plus de 600 hommes dans ceteattaque.

Le maréchal Marmont, qui avait remplacé le maréchal Masséna, avait reçude l’empereur Tordre exprès de seconder les opérations du duc de Dalmaliedans l’Estramadure , afin de conserver, à quelque prix que ce fût, la place deBadajoz. Le maréchal partit le 3 d’Alba-de-Tormès, et se porta sur la Guadiana et Badajoz, en passant par la haute Estramadure . Presque en meme temps le