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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES REGIMENTS .

quelques lieues d’Albuéra, où l’ennemi concentrait ses forces. L’armée dumaréchal Soult s’élevait à peine à 18,000 hommes, dont 15,000 d’infanterie,3,000 de cavalerie, et 10 pièces de canon. 11 résolut néanmoins de présenter labataille au maréchal üeresford, espérant le battre avant l’arrivée du corpsd’armée du général Blacke; mais ce général avait déjà opéré sa jonction avecl’armée anglo-portugaise, en sorte que le maréchal Soult eut à combattre unearmée double de la sienne.

L’armée ennemie était placée derrière la petite rivière d’Albuéra, appuyantsa gauche au village de ce nom , et le reste de ses troupes sur un plateau très-élevé qui s’étendait du côté de Santa-Martha. Sur les divers points de celteligne très-favorable pour la défense, le maréchal Beresford avait disposé sonartillerie de manière à couvrir de ses feux les abords du village d’Albuéra.Le maréchal Soult, après avoir reconnu cette formidable position, compritqu’elle ne pouvait être abordée que par un seul point, l’extrême droite. Ilprit ses dispositions en conséquence. Il prescrivit au général Godinot desimuler une attaque trôs-vive sur Albuéra pour obliger l’ennemi à dégarnirsa droite en venant au secours de cette position. Pendant ce temps, le généralGirard devait tomber impétueusement sur la droite de l’ennemi, appuyé parla cavalerie du général Latour-Maubourg. Le combat fut engagé le 16 mai, àla pointe du jour. L’attaque du général Godinot fut vive et impétueuse. Lesavant-postes de l’ennemi se replièrent en toute hâte, et il dirigea sur le vil-lage d’Albuéra le feu de son artillerie légère, qui fit taire celui de l’ennemi.C’était le moment de faire avancer brusquement les colonnes d’attaque. Legénéral Godinot, qui avait si bien réussi jusqu’alors, commit la faute defaire défiler les colonnes sur le pont, sous le feu de l’artillerie ; ce qui fitperdre un temps précieux. Malgré ces mauvaises dispositions, les colonnesfrançaises s’avançaient intrépidement contre le village d’Albuéra, dont elless’emparèrent après des pertes cruelles. Le maréchal Soult, voyant le mou-vement du général Godinot se dessiner ainsi, ordonna au général Girardd’opérer sur la droite. Les deux premières divisions avancèrent avec assurance,l’arme au bras, vers le point indiqué. La première brigade franchit le ruis-seau et se précipita sur la droite des Anglais , qui, effrayée de ce brusque mou-vement, se replia un peu en arrière. Le mouvement de l’ennemi, qui n’avaitpour but que de raffermir sa droite, parut au maréchal Soult une retraitedéfinitive. 11 ordonna à sa cavalerie de charger cette droite des Anglais et dela couper du reste de l’armée alliée. Cette charge obtint un plein succès.Plus de 1,000 Anglais furent coupés et mirent bas les armes. La victoire pa-raissait assurée ; mais le général Godinot, au lieu de poursuivre son attaqueimpétueusement sur la gauche, se borna à tirailler. La mollesse de l'attaquedu général Godinot devait nous être fatale; et quand le maréchal Soult s’enaperçut, il était déjà trop tard pour y porter remède. En effet, le généralGirard, persuadé que la retraite de l’aile droite des ennemis sur le centreétait une retraite prononcée, avançait avec une confiance qui devait bientôtproduire de tristes résultats. Dans son aveugle confiance, ce général suivit