ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 305
nanl anglais , qui taisait partie de l’expédition, sans que celui-ci pût parvenirà faire punir les coupable. Les prisons furent forcées, les insurgés, les détenusqu’elles contenaient coururent, à l’instant même de leur délivrance, se vengerde leurs juges et de leurs accusateurs. Les débiteurs arrachèrent par force desquittances à leurs créanciers, et mirent le feu à tous les papiers de la chancel-lerie, afin d’anéantir les actes des hypothèques que les habitants avaient sur lespropriétés des montagnards.
» Le général en chef des Serranos n’avait pu arriver dans Ronda que sixheures seulement après notre départ. Il avait d’abord essayé d’établir uneespèce d’ordre dans la ville, à l’aide de ce qu’il appelait ses troupes réglées. Nepouvant y parvenir, voici le stratagème dont il se servit : Il fit publier, par lecrieur public, que les Français allaient arriver. Les montagnards se rassem-blèrent alors en un clin d’œil, et les habitants eurent le temps de se barricaderdans leurs maisons.
» L’homme qui exerçait le plus d’intluence sur ces hordes indisciplinées,était un nommé Cura, natif de Valence, où il avait été professeur de mathéma-tiques. Forcé de s’exiler de sa patrie, après avoir tué un homme par jalousie,il s’était réfugié chez les contrebandiers pour échapper aux poursuites de lajustice. Il avait répandu sourdement qu’il était de la plus haute naissance, etque des raisons de politique le forçaient à rester inconnu. Les montagnardsl’avaient surnommé l’inconnu au grand bonnet, parce qu’il affectait de porterun bonnet à la mode du pays, d’une grandeur démesurée, afin d’attirer sur luil’attention. Cette espèce d’existence mystérieuse lui donnait un grand empiresur les esprits. L’inconnu au grand bonnet leva un mois après de fortes con-tributions sur divers villages des montagnes, sous le prétexte d’aller acheterdes armes et des munitions ; il essaya d’échapper avec l’argent qui lui avaitété confié, mais il fut pris et puni. »
Malgré leur inimitié pour les Français , les habitants des villes de la mon-tagne se montrèrent en plusieurs circonstances soigneux et compatissants pourles blessés français . Leur exaspération n’excluait pas la générosité.
Organisation. — Dans le chapitre prochain nous ferons un résumé historiquedes institutions créées pendant la période que nous venons de parcourir, etnous réunirons ainsi dans un même chapitre toutes les modifications apportéesdans l’art militaire sous l’Empire, ainsi que toutes les institutions nouvellesqui ont eu lieu depuis 1806 jusqu’à 1815.
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