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de remettre en question la résurrection et l’indépendance du peuple polonais.Le 14 juillet, une députation vint à Wilna , pour lui présenter un projet deconfédération générale de la Pologne . « Sire, lui disaient les Polonais, dites que» le royaume de Pologne existe, et cette déclaration fera revivre la Pologne . »Les mêmes considérations qui, lors de la première campagne de Pologne ,avaient empêché l’empereur de proclamer l’indépendance de cette brave na-tion, se présentaient au début de la campagne. Il n’eut pas mieux demandéque de favoriser l’insurrection dans les provinces polonaises de la Russie , maiscette insurrection pouvait s’étendre aux provinces placées sous la dominationde l’Autriche , et dès lors faire naître des complications très-graves dans lesrapports de la France avec la cour de Vienne . La réponse qu’il fit aux députésest une preuve évidente de l’embarras de sa situation.
« Dans ma situation, leur dit-il, j’ai beaucoup d’intérêts à concilier et beau-coup de devoirs à remplir. Si j’avais régné pendant le premier, le deuxièmeou le troisième partage de la Pologne , j’aurais avancé mes peuples pour la dé-fendre. Aussitôt que la victoire m’eut mis en état de rétablir vos ancienneslois dans votre capitale et une partie de vos provinces, je le fis sans chercher àprolonger la guerre qui aurait continué à répandre le sang de mes sujets.
» J’aime votre nation. Pendant seize ans, j’ai vu vos soldats à mes côtés dansles champs de l’Italie et ceux de l’Espagne .
» J'applaudis à ce que vous avez fait ; j’autorise les efforts que vous voulezfaire; je ferai tout ce qui dépendra de moi pour seconder vos résolutions.
» Je vous ai tenu le même langage dès ma première entrée en Pologne , jedois y ajouter que j’ai garanti à l’empereur d’Autriche l’intégrité de ses do-maines, et que je ne puis sanctionner aucune manœuvre ou aucun mouve-ment qui tende à troubler la paisible possession de ce qui lui reste des pro-vinces de la Pologne .
» Faites que la Lithuanie, la Samogitie, Witepsk, Polotzk, Mohilow , laWolhinie, l’Ukraine , la Podolie, soient animées du même esprit que j’ai vudans la grande Pologne , et la Providence couronnera votre bonne cause pardes succès ; je recompenserai ce dévouement de vos contrées, qui vous rend siintéressants et vous acquiert tant de titres à mon estime et à ma protection,par tout ce qui pourra dépendre de moi dans les circonstances. »
De Wilna, où il séjourna pendant quelques jours, l’Empereur dirigeait tousles mouvements de la grande armée. Pendant plusieurs jours, les événementsqui s’accomplirent ne furent qu’une suite de marches rapides des divers corpsde l’armée française vers Witepsk. Napoléon lui-même quitta Wilna le 16 juil-let et porta son quartier général à Glubokoé, où il s’établit le 18. Pendant cetemps, le roi de Naples se portait vers le camp retranché de Drissa, l’arméerusse fuyait dans toutes les directions et se repliait vers Smolensk ; de brillantscombats de cavalerie eurent lieu entre l’avant-garde de Murat et le corps desgénéraux Ostermann et Pahlen. Les troupes françaises marchaient avec rapi-dité sur Witepsk, où Napoléon désirait faire reposer ses armées.
Le mois de juillet avait été extrêmement pluvieux. Les troupes avaient beau-