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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEcoup souffert de ee mauvais temps pendant leur marche depuis le Niémen jus-qu’à la Dwyna et au Borysthène ; les convois de vivres étaient en arrière et nerejoignaient plus ; les farines et moyens de mouture manquaient. La chairdes animaux, l’eau marécageuse furent souvent la seule nourriture du soldat.Les fatigues, les privations, l’insalubrité des aliments, un soleil brûlant pen-dant des jours très-longs occasionnèrent beaucoup de maladies, particulière-ment des dyssenteries. Il fallut établir un grand nombre d’hôpitaux, mais ilsfurent toujours insuffisants et mal organisés ; on pouvait à peine donner auxmalades les aliments de première nécessité. L’armée éprouva une diminutioneffrayante.

Napoléon jugea donc à propos de faire reposer ses troupes à Witepsk .

Cependant, les corps de Davoust, de Poniatowsky et de Westphalie rejoi-gnirent. l’armée française, qui prit des cantonnements dont la gauche s’ap-puyait à Sourage, sur la Dwina, et la droite s’étendait jusqu’à Mohilew , sur 1eBorysthène . L’avant-garde était à Doubrowna.

En ouvrant la campagne, l’Empereur avait compté que les succès au centrede l’armée ennemie entraîneraient la retraite des ailes. Les Russes en jugèrentautrement : ils persistèrent à tenir ferme aux deux extrémités de la ligne.Riga et les contours de la Baltique , sur Reval, assuraient la retraite de leurdroite. La gauche, supérieure en Wolhynie , avait ses derrières libres jusqu’àOdessa ; elle attendait l’armée entière de Moldavie , passée sous les ordres deTschichagof après que Kutusof en eut quitté le commandement.

Cette armée, dont la force avait été mal calculée, comptait près de 40,000 hom-mes, tandis qu’elle passait pour être moins nombreuse de moitié. Napoléon avait fait détacher le corps seul des Saxons pour lui tenir tête, et il se propo-sait de les faire soutenir par les Polonais, aussitôt que Shwartzemberg auraitrejoint son armée. Les Polonais après avoir secondé Davoust dans la poursuitede Bagration, devaient rentrer en Volhynie par Mozyr, et menaçant la retraitede Tormassof, avec une armée renforcée par toute l’insurrection de la pro-vince, ils eussent aisément délivré la droite de ce qui pouvait l’inquiéter.

Malheureusement le retard de Schwartzemberg et les événements qui sepressaient au centre ne permirent pas d’exécuter cette résolution.

Tormassof, que la marche du roi de Westphalie et l’appel de Schwartzem-berg pour venir joindre l’armée française laissaient sans ennemis, avait prisl’offensive sur les derrières de Jérôme, par ordre de l’empereur Alexandre,conformément au plan arrêté dans le cas d’invasion de la Lithuanie . Les Saxonsqui lui étaient opposés, devant surveiller tout l’espace entre Brzesck et Pinsk ,ne se trouvaient guère en mesure de lui opposer une résistance efficace. Tor-massof, instruit de leur situation un peu aventurée, tomba à l’improviste surBrzesk et Kobrin, à la tête de 35,000 hommes, et fit enlever la brigade entièrequi formait la tête de leurs cantonnements à Kobrin (23 juillet).

Un ordre de l’Empereur força le prince de Schwartzemberg à retourner surses pas pour marcher au secours de Régnier, qui se trouvait dans une positioncritique, et qu’il parv int à joindieà Slonim.