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Tome troisième.
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314 HISTOIRE DE L’ARMÉE

Les troupes russes quittant les confins de la Moldavie , où leur présence n’étaitplus indispensable, vinrent grossir et renforcer à Riga l’armée de Finlande .L’Empereur apprit en même temps qu’Alexandre venait de se rendre àMoscou et qu’il avait exhorté le peuple à se lever en masse pour repousserl’invasion française. Il résolut, suivant sa coutume, de brusquer le dénouementde la campagne.

Toutefois, vu la gravité des circonstances, il réunit en conseil de guerre sesprincipaux lieutenants et leur expliqua nettement la situation. Le plus grandnombre voulait s’arrêter sur la Dwina et le Borysthène , quelques-uns étaientd’avis de continuer la campagne et de marchersur Moscou , c’était aussi l’opinionde l’Empereur ; la marche sur Moscou fut décidée. C’est là seulement, dit-il,que nous pourrons conquérir la paix.

Cependant les troupes russes s’étaient réunies près de Smolensk . Barklay,devenu plus audacieux, résolut de tenter un mouvement offensif. Son pland’attaque ne manquait ni de hardiesse ni de portée. Mais heureusement il futmal exécuté. Ayant remarqué l’étendue des cantonnements donnés aux lignesfrançaises, il avait résolu d’en profiter pour les couper par lloudnia. Le 7 août,les deux armées russes sorties de Smolensk se portèrent sur Roudnia, villagesitué sur la route de Smolensk à Witepsk et qui formait le centre de nos can-tonnements. Son armée marchait en trois colonnes ; mais au lieu d’attaquerrésolument et rapidement, le général russe perdit son temps en marches et encontre-marches, et le seul résultat qu’il obtint de cette tentative fut un combatd’avant-garde où le général Platof surprit et culbuta une division de cavaleriecommandée par le général Sébastiani. Effrayé de sa propre audace, le généralBarklay s’arrêta tout à coup et se replia en toute hâte sur Smolensk .

Ce mouvement des Russes avait causé une joie extrême à l’Empereur; ilespérait qu’ils s’engageraient plus avant, et qu’il pourrait enfin leur livrerune bataille décisive, mais il fut promptement détrompé. Il donna alors unenouvelle direction à ses troupes pour les réunir sur la rive gauche du Dniéper ,et de là se porter sur Smolensk , afin de gagner la gauche de l’armée russe.Par cette manœuvre les ennemis coupés de Moscou se trouvaient refoulés surla basse Dwina.

Le 14 août, l’armée française passa le Borysthène sur deux points et marchasur Krasnoi. Cette marche fut signalée par un brillant combat d’avant-gardeoù un corps de 9,000 Russes laissé en observation sur le Borysthène fut culbutéet ramené la baïonnette dans les reins jusqu’à Smolensk , après avoir laisséprès de 1,000 morts, beaucoup de blessés et presque toute leur artillerie.

La ville de Smolensk, située en amphithéâtre surlesdeux berges du Dniéper ,présente un paysage riant; son enceinte, qui pourrait contenir 80,000 âmes,n’en renferme pas 20,000 ; elle est entourée d’un mur en briques d’une épaisseurextraordinaire, et flanqué de vingt-neuf tours, les unes rondes, les autrescarrées. L’enceinte de la ville, entourée d’un mur de 25 pieds de hauteur et de15 pieds d’épaisseur entre les tours, était presque inattaquable avec le canonde campagne età l’abri de l’escalade. La partie faible de cette enceinte consistait