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La gauche de l’armée n’avait pas été plus heureuse. En se portant sur Wi-tepsk, l’Empereur avait laissé le maréchal Oudinot à Polotzk, avec environ 27à 28,000 hommes pour couvrir sa base d’opération, en éloignant le corps deWitgenstein, que Barclay avait laissé pour couvrir la route de Pétersbourgavec vingt-cinq mille Russes. Le meilleur moyen de se débarrasser de cetadversaire était de marcher à sa rencontre.
Oudinot, d’après les ordres de Napoléon , s’avance le 30 juillet sur la routede Sebeje avec deux divisions, en laissant la 3* échelonnée sur la Driwa.
Wittgenstein, qui se trouvait inquiété par Macdonald du côté de Dunabourg,se décide à marcher au-devant du 2' corps.
La rencontre eut lieu à Kliastitzi. La mêlée fut sanglante et opiniâtre ; lesdeux partis eurent tour à tour l’avantage. Enfin Wittgenstein lit mouvoir latotalité de ses forces, et Oudinot, ne voulant pas risquer une atlâire générale,se décida à la retraite, il l’effectua en bon ordre, repassa la Urissalejour mêmeet prit position près du village d’Oboiarszina. Il ne fit point garder le gué,voulant attaquer brusquement les Russes , s’ils avaient l’audace de le passer.
En effet, les Russes trouvant le gué abandonné, crurent que le général fran-çais était en pleine retraite. Ils osèrent franchir la Drissa, le l' r août, mais ilspayèrent cher cette imprudence. Kounief, à la tête d’une division de 12,000hommes, effectua pendant la nuit le passage de la Drissa et se trouva, au pointdu jour, en présence des avant-postes français . Croyant n’avoir affaire qu’àune arrière-garde, il fit avancer une batterie soutenue d’un régiment de cava-lerie. La canonnade s’engagea aussitôt, et le général russe, trouvant plus derésistance qu’il ne s’y était attendu, déploya successivement toutes ses troupes.Jusque-là, Oudinot avait profité des accidents du terrain pour cacher ses forces ;tout à coup il ordonna la charge et attaqua l’ennemi de front sur toute la ligne.Le combat fut court, mais sanglant; les Russes furent entièrement culbutés;ils perdirent 8 bouches à feu et un millier d’hommes; le général Kounief futtué d’un boulet, en cherchant à rallier ses troupes. Les Russes voulurent tenirderrière la Drissa. Oudinot commit la faute de faire passer la rivière à la divi-sion Verdier pour poursuivre l’ennemi. Cette division exécuta cet ordre avecvigueur, mais elle tomba à son tour au milieu de l’armée russe, cpui venaitd’arriver sur le terrain, et qui la ramena avec perte, en l’obligeant à repassserla Drissa.
Après ces deux échauffourées, où il s’était engagé partiellement, et qu’unsuccès momentané ne compensait pas, le maréchal Oudinot rentra le 2 aoûtsous Polotsk , où le corps bavarois vint le renforcer par ordre de l’Empereur.
Pendant son séjour à Witepsk, Napoléon apprit deux événements politiquesdont il fut vivement contrarié, et qui devaient avoir une grande influence surles suites de la guerre. C’étaient la ratification d’un traité de paix entre la Tur-quie et la Russie, et un traité secret entre la Russie et la Suède; Bernadotte préludait par cet acte politique à l’indigne conduite qu’il tint plus tard contrela France , pendant la campagne de 1813.
La conséquence de ces événements ne devait pas larder à se faire sentir,m. 40