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Tome troisième.
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S1& HISTOIRE UE L’ARMÉE

mais comment arriver à cette bataille? Il ne fallait pas espérer d’y contraindreles Russes en demeurant à Smolensk ; ne cbiivenait-il pas de les poursuivre?Le défaut de vivres, la raison militaire et l’intérêt politique faisaient à Napoléon une nécessité de choisir entre une retraite sur le Niémen et la marche surMoscou . Ce dernier parti était le plus conforme à son caractère et à sa position.

Il ne se dissimulait pas toutefois les chances contraires que lui présentaitune nouvelle pointe de cent lieues, aussi loin de sa hase naturelle d’opéra-tions, eu laissant derrière lui Riga et Bobrouisk , appuyées des armées de Wit-genstein et de Volhynie . Il en sentait d’autant plus les inconvénients que lapaix conclue entre la Russie et la Porte allait permettre à l’armée de Moldavie de remonter le Dniéper .

Mais si l’ennemi conservait des points menaçants, il y avait pour faire faceles corps de Macdonald, Saint-Cyr et Schivartzemberg. Bellune, avec une belleréserve de 32,000 combattants, se trouvait sur le Niémen , et, placée selon lescirconstances, elle suffirait pour soutenir ou la droite sur le Bug, ou la gaùcliesur la Dwina. Non-seulement ces armées étaient supérieures aux forces del’ennemi, mais on avait en outre 50,000 hommes qui occupaient la Prusse, etautant de bataillons de marche arrivant de l’intérieur pour renforcer l’arméeet y remplacer les pertes que la bataille pourrait occasionner. Jamais l’Empe-reur n’avait déployé plus de soins et de prévoyance pour préparer les moyensqui devaient assurer la réussite d’une grande entreprise. L’Europe semblaitéchelonner sa population virile vers le pôle. Déjà de belles divisions, sousLoison et Durulte, gardaient Kœnisberg et Varsovie ; d’autres se formaient surl’Oder. Les cohortes du 1 er ban se rassemblaient sur l’Elbe ; rien n’était né-gligé pour assurer le succès de l’expédition.

Le succès dé dix campagnes avait appris à Napoléon que là où il se trouvaitétait le point décisif; et il nè doutait point qu’un coup frappé au sein de l’em-pire russe ne fit tomber en un clin d’oeil la résistance accessoire des corpsisolés. Ce coup il espérait le frappée aussitôt que l’ennemi se déciderait à l’at-tendre. 11 avait line armée affaiblie, mais ce qui restait sous les drapeaux n’enétait que meilleur.

Après avoir parcouru les décombres fumants de Smolensk , reconnu son en-ceinte extraordinaire et sa mauvaise citadelle, il pressa les préparatifs pour lepassage du Dniéper , dont l’ennemi avait brûlé le pont. Les faubourgs occupéspar l’arrière-garde de Barclay rendant les travaux difficiles, la division Morandpassa successivement en bateaux pour les protéger. Ney y présidait, et, malgrél’ardeur qu’il y mettait, ils ne purent être achevés que dans la nuit du 18au 19. En attendant on reconnaissait le rivage en amont pour chercher ungué; et Junot, à la tête du 8 e corps, reçut l’ordre de passer à l’extrême droite,vers Proudichewo. Napoléon eut peut-être tort de ne pas porter sur ce pointle gros de l’armée; C’était la ligne la plus directe pour atteindre l’ennemi.L’idée que nous trduverions plus dé facilité à rétablir le pont de Smolensk etl’attitude de l’ennerhi sur les hauteurs firent malheureuseüient préférer le pas-sage par la ville.