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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES REGIMENTS .

Hœrtel à Bobruisk, Tschitchagof en Volhynie . L’armée est réduite à 157,000hommes. 28,000 sont restés de Vitepsk à Smolensk. Enfin les Turcs et les Suédoisse lèvent à l’horizon. Mais là où est l’Empereur doit être le destin de l’Europe .11 s’enfonce sans hésiter, sans craindre, au milieu de ces masses d’ennemis. Ilse contente d’appeler à lui ses renforts et de couvrir sa ligne de retraite, enchangeant les échelons de ses arrière-gardes.

Les Russes en reculant se rapprochaient de leur base d’opération. Elle avaitla largeur de l’Europe; de la Sibérie à la mer Noire. Celle des Français n’étaitliée à l’armée que par une grande route et cinq villes incendiées.

Macdonald, avec 32,000 hommes, dut, de Riga à Dunabourg, garder la Li-thuanie, la Driwa, le Dniéper, Smolensk enfin. A Polotsk , se trouvaient Saint-Cyr et 30,000 hommes ; à Vitepsk, Smolensk et Mohilef, Victor doit amener40,000 soldats de réserve; Bobruisk est occupé par Doubrowski et 12,000étrangers ; enfin sur le Bug, Schwartzenberg et Régnier sont à la tête de 45,000combattants.

Derrière eux, près de Varsovie et de Kœnisberg, les divisions Loison et Du-rutte sont en marche. Telle est l’arrière-garde que l’empire laisse à sa suite.Tels sont les dangers qui l’y menacent.

Mais Napoléon n’hésite pas. 11 sort de Dorogobuje en flammes et continued’avancer au milieu des ruines et de la dévastation. Le pain manquait, la poudreaussi, le repos même souvent; et cependant on avançait rapidement, tout encombattant. On prit le cours de l’Ozsma, puis celui de la Viasma, et on entradans cette ville en flammes. Là on apprit que Barclay venait d’être remplacépar Kutusof, et que la bataille nous était promise.

La clameur générale de la nation avait imposé à l’empereur Alexandre ladestitution de Barclay. Ce n’était pas sans les plus vives plaintes que ce gé-néral avait ainsi fait reculer l’armée russe du Niémen à Moscou , presque sanscombattre ; ce n’était pas sans de tristes cris de douleur et de désolation qu’ilavait abandonné à l’ennemi tant de provinces et de villes sans les défendre.Mais livrer Moscou, la ville sainte, la vraie capitale, Moscou , la plus riche, laplus commerçante des cités russes, la livrer aux Français sans lutte, dans unefuite éternelle, ce n’était pas possible. Barclay fut sacrifié. On appela un Russe ,un vrai moscovite, Kutusof, le vainqueur des Turcs ; et Kutusof s’arrêta pourcombattre.

Les Russes s’étaient arrêtés dans la plaine de la Moskowa et la couvraient deredoutes et de travaux. Ils semblaient vouloir s’enraciner sur ce sol pour yvaincre ou y rester.

L’emplacement choisi par Kutusof pour combattre était la plaine de Boro-dino ou de la Moskowa, comme on l’appelle en France . Environ trois lieuesaprès Gridnewo, on trouve le vaste monastère de Kolotskoi, et peu après, à unedemi-lieue sur la droite, le ruisseau de la Kalotcha; il coule d’abord à peu prèsparallèlement à la route ; bientôt il s’en rapproche et la traverse à Borodino, vil-lage situé à la gauche du ruisseau, à deux lieues du monastère et à vingt-sept deMoscou ; puis il se dirige sur la Moskowa, dans laquelle il se jette à une lieue de là.