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Tome troisième.
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330 HISTOIRE DE L’ARMÉE

les mouvements. De plus, aucun chef n’avait le commandement général : onse décida à la retraite. Il fallut l’exécuter sous le feu de l’ennemi. Le 1 er corpsla fit mal et troubla les autres. Ney, qui forma l’extrême arrière-garde, tintferme en opposant une barrière de flammes à l’ennemi. Les débris de Viasmadisparurent dans l’incendie. Le maréchal écrivit à l’Empereur pour seplaindre : « Absence d’unité et d’ordre, disait-il ; manque d’échelons, embar-ras de traîneurs et de bagages; la cavalerie était démontée, l'artillerie n’avaitplus d’attelages. »

Le 9, l’Empereur arriva àSmolensk; mais la retraite n’en continuait pasmoins et de la façon la plus cruelle, comme l’avait si bien prévu le maré-chal. Eugène était arrivé le 7 sur les bords du Wopp , petite rivière guéable.Mais le pont s’étant rompu, un désordre inexprimable se mit dans le 4 e corps.11 fallut abandonner presque toute l’artillerie, les voitures, les transports, lesbagages. Le froid de la rivière passée à gué se joignit à ces pertes et causa lamort d’un nombre considérable de Français . La terreur que causait la canon-nade incessante de Platof s’y joignit, et le passage du Wopp fut un véritabledésastre.

A peine sorti de ce danger, il fallut enlever Dukhowszina aux Cosaques quiavaient tourné l’arrière-garde. Enfin , le 13, elle atteignit Smolensk . Tandisque cette retraite s’effectuait si péniblement, les mouvements des ailes sem-blaient devoir décider du sort de l’armée. Kutusof conçut le projet de s’em-parer de Minsk et de réunir les corps de Wittgenstein, Tschitchagof et Steinheilsur la rive droite de la Bérésina, afin de couper la retraite à l’armée.

Tchitchagof dut exécuter ce mouvement. Il commandait 80,000 hommes,tandis que l’armée de Schwartzenberg n’avait en ligne que 40,500 combattants.Tchitchagof, couvrant son mouvement avec Sacken à la tête de 27,000 hommes,se porta sur Minsk ; mal défendue, la ville fut prise sans lutte sanglante.

Schwartzenberg chercha à arrêter le mouvement; mais Reynier qui le cou-vrait, attaqué à Volkowish par les forces supérieures de Sacken, le rappela.Tous deux réunisse jetèrent sur Sacken, lui prirent ou tuèrent 10,000 hommes,presque toute son artillerie et ses bagages, et le poursuivirent jusqu’à Kobrin,d’où il alla rallier Tschitchagof à Minsk .

Sur la ligne de retraite, Wittgenstein surprit Witepsk ; mais Victor, mar-chant sur lui, le força à se rejeter sur la ligne de la Lukosnlia.

Minsk n’en était pas moins prise, et le plan de Kutusof recevait un com-mencement d’exécution.

La retraite du corps principal continuait pénible et lente. Le 9 octobre , labrigade Augereau, réduite à 2,000 hommes et cernée par les Russes , estforcée de se rendre. A tous ces combats se joignait le froid précoce et violentqui devait être bientôt le plus redoutable ennemi de nos malheureux soldats.En effet, le 6 novembre le froid se déclare; des tourbillons de neige tombentsur la terre, ensevelissent la route, les habitations sous un linceul épais;les chevaux tombent par centaines, les hommes les suivent bientôt, les corpsse désorganisent, les soldats abandonnent leurs drapeaux. Les bivouacs de la