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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES REGIMENTS . 309

sur Smolensk par une route nouvelle non ravagée, et qui lui offrirait desressources. Tout dépendait de son activité. Si les Français étaient à Kaluga ,leur plan réussissait. Trompé par l’Empereur à la sortie de Moscou , Kutusoftrompa celui-ci à son tour.

Napoléon avait, de sa personne, poussé une reconnaissance sur la route deKaluga, en avant des postes de la division Delzons , et s’était assuré qu’il n’a-vait devant sa gauche que des détachements de Cosaques. Delzons campa cettenuit, moitié dans Malojarolawetz, moitié sur l’autre rive de la Luja. Mais lesRusses accouraient à marches forcées, Doctorof en avant avec ses divisions.

Au point du jour, Doctorof attaque Delzons et prend la ville. Le brave gé-néral rétablit le combat, et refoule les Russes jusque sur une grande place quiest au bout de la ville. Mais il tombe bientôt lui-même frappé de trois balles.Guilleminot lui succède.

Le lieu de la bataille était un étroit vallon; sur la partie gauche coulait laLuja; Malojarolawetz était sur la rive droite et s’élevait sur la déclivité descollines, presque jusqu’à leur sommet.

Guilleminot fit occuper deux maisons et une église qui dominaient un ravindans lequel passe la route. A l’aide de ces deux postes, il se maintint sur larive droite jusqu’à l’arrivée du vice-roi. La bataille reprit alors avec plus d’ar-deur ; on ne pouvait franchir cette ville sous le feu meurtrier des batteriesrusses. Enfin un effort de la garde italienne emporta la ville en flammes etensanglantée, et refoula les Russes jusqu’au delà des plateaux. Le combat,dès lors, cessa bientôt, se terminant par les dernières convulsions de la fu-sillade. 17,000 Français avaient vaincu 80,000 Russes , et, sans perdre plus de4,000 hommes, en avaient tué de 8 à 10,000.

La bataille était gagnée ; mais l’Empereur, sentant que la route de Kaluga était couverte par toute l’armée russe, renonça à forcer le passage. 11 repritaussitôt sa marche par l’ancienne route; le 28 il était déjà au delà de Mojaisk ,et, ne rencontrant devant lui nul ennemi, il poussa vigoureusement sa marchejusqu’au 31, où il atteignit Yiasma, en passant sur le champ de bataille de laMoskowa. Laissant s’opérer le mouvement général de l’armée, l’Empereurs’arrêta à Viasma, et s’occupa de rallier ses ailes. Ordre fut donné à Victor dereprendre Polotzk, de repousser Wittgenstein, et de se tenir prêt à couvrir leslignes à occuper de la Dwina au Rorysthène.

Kutusof, instruit de la marche de l’armée française, lança aussitôt à sapoursuite Platof avec tous ses Cosaques; puis, se portant à Kremenskoï, il ré-solut de couper les corps français qui n’auraient pas dépassé Viasma. A ceteffet, il mit environ 33,000 hommes sous les ordres de Miloradowitz, et leslança sur l’arrière-garde.

Le 3 novembre, avant le jour, le prince Eugène, Davoust et Poniatowskimarchaient sur Viasma : à la gauche de la rivière, Ney était en bataille. Toutà coup les corps de Miloradowitz vinrent se jeter entre les colonnes françaises :il fallut un premier combat pour les renouer. Cette arrière-garde, encombréede bagages et de traînards, marchait lentement et n’exécutait qu’avec lenteurm.