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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
être secouru par deux grands corps d’armée. Pourtant nous prenons Smo-lensk, et Barclay de Tolly va être forcé, pour gagner Moscou , de défiler sousla longue file de nos canons; niais la fatalité est la déesse fidèle à nos armesdans cette surhumaine odyssée 1 Frappé d’un incompréhensible vertige, le ducd’Abrantès se refuse à occuper la position qui peut tout sauver. Pétersbourgdu moins n’offre point accès à l’invasion suédoise... Autre délire 1 Bernadotterêve l’empire de celui qui l’a fait roi. Enfin Moscou tombe au pouvoir de notrevaillante armée; cette fois on croit que Napoléon pourra imposer la paix à l’Eu-rope , en la dictant du palais conquis du plus imposant de ses ennemis... Maisun jour s’écoule à peine sur cette joie, que les mèches anglaises font de l’im-mense cité un chaos de débris croulant dans la cendre; alors l’Empereur prendgénéreusement le rôle de son ennemi lui-même, il envoie au czar des parolesde conciliation... Mais Alexandre n’est plus déjà l’homme de Tilsitt; cette paixqu’alors il implorait, aujourd’hui il la refuse. Que reste-t-il à faire désormais?Abandonner une conquête que sa destruction a annulée entre nos mains, sedécider à la retraite. Toutes nos réserves sont habilement disposées pour écra-ser toute armée ennemie qui viendrait se hasarder sur nos chemins. Mais ona compté sans les éléments qui, cette année-là, poussés par la fatalité, ont dé-joué les plus sages calculs. La rigueur prématurée du froid, qui a trompé lesindigènes eux-mêmes, voilà notre seul vainqueur, voilà le puissant ennemi quia détruit notre armée; car les Russes purent dire, comme les Athéniens deThémistocle : Nous étions perdus si nous n’eussions été perdus! C’est ainsi quela perfidie d’une conspiration incendiaire (faut-il nommer l’Angleterre!), unhiver d’une précocité et d’une rigueur surnaturelles, de lâches intrigues, desalles ambitions, quelques fautes, les marches et les contre-marches de Schwart-zemberg, par exemple, voilà, sauf des trahisons, de honteux mystères dontl’avenir garde le mot; voilà, disons-nous, les conspirations, les obstacles de-vant lesquels a dû s’incliner le génie impuissant, et périr le courage.
Mais revenons à la suite de la retraite. Le lendemain même du départ del’Empereur, le froid acquit une violence encore inconnue; il fit descendre lethermomètre jusqu’à 28 degrés. De telles rigueurs devaient entraîner de nou-veaux désastres. La division Loison, forte de 10,000 hommes à son arrivée àWilna , n’en compta bientôt plus que 3,000. Les chevaux périssaient deboutsous leur harnais, si bien que les pièces, forcément abandonnées, grossissaientainsi les faciles trophées de l’ennemi. Le 4 décembre, notre arrière-garde futassez vivement attaquée à Malodeczno. Le 8, un autre engagement eut lieu àOschmiana avec une partie de l'arrière-garde du neuvième corps. Le 9, enfin,le général Tchaplitz, cherchant à devancer les Français à Wilna , fut contraintpar la division Loison à prendre position à Miedniki, ce qui permit à nos troupesd’entrer enfin à Wilna .
Le général G. Vaudoncourt, témoin oculaire de cette mémorable retraite,rapporte que nos braves, qui avaient espéré trouver à Wilna un terme à leurssouffrances, eurent au contraire à y subir des tortures sans nombre. Un grand