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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEet la contrescarpe sauta. Wellington craignait que Marmont n’accourût ausecours de la place, aussi s’efforçait-il d'en précipiter la chute, en combinantl’attaque par assaut de brèche avec celle par escalade. Deux larges brèchesfurent bientôt pratiquées au corps de la place, et, le 19 au matin, l’armée as-siégeante put s’avancer dans les tranchées. Une division anglaise donna l’assautà la brèche la plus large, tandis que, pour diviser la résistance des assiégés,un corps de Portugais tenta l’escalade du côté opposé. Les Français , en troppetit nombre, repoussèrent les assaillants sur la brèche, et parvinrent d’abordà les faire rétrograder. Mais, après s’être défendus avec la plus grande résolu-tion et avoir disputé le terrain pied à pied, ils furent contraints de céder de-vant le nombre toujours croissant de leurs adversaires, et de se mettre à l’abrid’un retranchement intérieur, d’où ils redoublèrent d’efforts et réussirent àcontenir l’ennemi. Mais la seconde brèche ayant été forcée, attaqués par lesdeux flancs, ils ne purent bientôt plus que se défendre de maison en maison;puis, enfin, épuisés de munitions, ils furent obligés de se rendre au nombrede 1,700 environ, ayant vu tomber plus de 500 des leurs. La perte de l’ennemifut d’un chiffre un peu supérieur; deux généraux anglais furent tués. Nousperdîmes, à Ciudad-Rodrigo , un peu d’artillerie et beaucoup de munitions quela trop grande dissémination de nos forces n’avait pas permis de placer sousune garde plus imposante. La ville fut abandonnée au pillage, et il s’y commitdes excès qui eurent sur la discipline de l’armée anglo-portugaise une fâ-cheuse influence. Mais tout cela ne fut rien encore en regard de ce qui devaitse révéler à Badajoz .

La possession de Ciudad-Rodrigo était, pour l’armée anglaise, un événementaussi important qu’il nous était regrettable. Laissant Salamanque à découvert,cette possession ouvrait à Wellington la route de la Vieille-Castille. Toutefois,la prise de Badajoz n’importait pas moins aux ennemis alliés, pour nous ôtertout moyen d’envahir la province méridionale du Portugal , royaume dont laconservation, si chère au trafic anglais , était spécialement recommandée parle cabinet de Saint-James au général-lord.

Wellington médita donc de se jeter sur Badajoz par un coup de main rapide,et avant que les ducs de Dalmatie et de Raguse fussent en mesure de s’y op-poser. Le général anglais , qui disposait de 25,000 hommes, savait que nousn’en avions pas plus de 4,000 pour la défense de la place. Le 11 mars, il était àElvas , et, le 46, la place était investie et la tranchée ouverte la nuit même.

Badajoz était commandée par le général Philipon, qui fit intrépidement unesortie le 49, et, à la tête de 2,000 hommes, renversa une partie des ouvragesennemis. Mais, apprenant que le maréchal Soult arrivait à marche forcée ausecours de la place, Wellington employa 40,000 hommes à la tranchée, desorte qu’en peu de temps les brèches devinrent praticables. Le 6, à dix heuresdu soir, on donna simultanément l’assaut aux trois brèches. Le siège de Ba-dajoz est un des rares faits de notre histoire militaire sur lequel nous nepossédons pas de complets récits nationaux. Le général Philipon, qui se cou-vrit de gloire dans cette sanglante affaire, n'a fourni que les traits de l’en-