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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 349

expédièrent des députés à Madrid ; mais la désastreuse bataille de Salamanque vint brusquement changer la face des affaires.

Les Anglais n'avaient pas cessé un jour de poursuivre à outrance la guerrede la Péninsule, animés en cela par la retraite de Masséna et le succès deBéresford et de Wellington. Joinini constate, se fondant sur les débats par-lementaires du temps, qu’on alla chercher les criminels dans les bagnes etdans les cachots pour les incorporer dans les régiments qu'on opposait à nosarmes.

A l’aide de ces ignobles renforts l’armée anglo-portugaise avait pu cireportée à 73,000 hommes, augmentés de 60,000 Espagnols dont les cortès avaientconfié le commandement à Wellington. Les avantages du général anglais , ditencore Jomini, étaient inouïs. La ligne d’opération des Français de Bayonne àCadix avait plus de deux cents lieues de profondeur. Le Portugal est, commeune forteresse inexpugnable, placée sur le flanc droit au centre de cette ligne,et les places de Ciudad-Rodrigo et de Badajoz formaient comme les ouvragesavancés de ce boulevard. Parlant d’une telle base, Wellington était sûr d'agirpartout avec avantage contre un ennemi qui avait à occuper un royaume en-tier et à se garantir contre une multitude d’Espagnols , peu redoutables enligne, mais qui harcelaient tous les postes avec une activité infatigable. Dansl’impossibilité de former un système de grands magasins et de convois, à causedes guérillas, les Français ne pouvaient rester longtemps assemblés en grossesmasses, et leurs positions, étendues pour couvrir leur système d’approvision-nement comme leur ligne de retraite, donnaient prise partout.

Wellington comprit son avantage, et résolut de prendre enfin l’offensive. 11songea à s’emparer tout d’abord de Ciudad-Rodrigo et de Badajoz , pour en-suite se résoudre à l’un des partis suivants : 1° se porter à droite sur Soult;2° déboucher au centre sur Madrid , 3° ou opérer à gauche sur Marmont. Pro-visoirement, il donna ordre au général Hill de nous harceler dans la hauteEstramadure . Le but de Wellington, en procédant ainsi, était de faire croire anduc de Raguse que l’armée anglo-portugaise étant en force sur la rive gauchedu Tage, Ciudad-Rodrigo pouvait se défendre encore pendant quelque temps.Marmont devait être en sécurité à cet égard au souvenir de la peine qu’on avaiteue trois mois auparavant à débloquer cette place.

Ciudad-Rodrigo , ravitaillée, était restée quelque temps sous la surveillancedu général Dorsenne . Mais, obligé d’emmener les forces dont il pouvait dis-poser dans la Vieille-Castille et la Navarre, ce général avait quitté la placedepuis la fin de 1811. Wellington voulut mettre à profit les circonstances, etsachant la ligne de Marmont ainsi dégarnie sur un espace considérable, le gé-néral en chef de l’armée anglaise se décida à entreprendre promptement lesiège de cette place. Les travaux furent poussés avec toute l’activité possible,et la première parallèle était établie ainsi que les batteries tracées, lorsqu’uneénergique sortie de la garnison culbuta et combla tout. Mais ce ne fut qu'unretard occasionné à l’ennemi, et bientôt, ayant tout réparé et complété, la se-conde parallèle fut achevée, les batteries de siège purent commencer leur feu,