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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

très. De notre côté, nous commencions nos mouvements. L’Empereur se portaavec toute sa garde à Gorlitz , où il arriva le 18. Il apprit que les rois alliésétaient encore à Prague avec la garde impériale russe, les corps des générauxBarclay de Tolly et Wittgenstein, et la réserve. Il pensa donc opportun deprofiter de cette dispersion des forces ennemies pour essayer de faire accepterle combat à Blüclier, et, dans ce but, il dirigea sur Lobau la garde et le 1 ercorps de cavalerie commandé par le général Latour-Maubourg. Arrivé de sapersonne à Lowenberg, le 21 août, il ne voulut pas perdre un instant pour re-prendre l’offensive. Son initiative fut couronnée d’un premier succès, car nossoldats ayant trouvé, sur la route de Goldberg, le corps du général York , ilsle culbutèrent et lui tuèrent beaucoup de monde. On se souvient que ce York fut le premier allié qui nous fit défection, au nom de la Prusse, dans un mo-ment solennel. Le général Sacken, rencontré plus loin, fut ainsi complète-ment battu.

Blüclier était trouvé. Les premiers succès des nôtres l’affaiblissaient. Il com-prit combien sa situation était critique, et se retira derrière la petite rivière deHainau , au-delà de Graditzberg. Lauriston ayant débouché son aile gauche,tandis que Macdonald l’atteignait de front, Blücher recula encore, et passa laKatzbach. Vaine retraite ! Nous le rejoignîmes corps à corps, et les générauxLatour-Maubourg, Gérard et Rochambeau, le battirent lui et ses lieutenants,les généraux Sacken et York, avec lesquels se trouvait le prince de Mecklem-bourg, qui se défendit fort bien. Blücher se rejeta en toute hâte sur Jauer. Lesjournées des 21,22 et 23 lui coûtaient 7,000 tués, blessés ou prisonniers.

Napoléon , satisfait de ce premier succès, et comprenant qu’il serait difficilede le prolonger, retourna à Dresde avec Ney, laissant à Macdonald le com-mandement de ce corps d’armée, s'élevant, infanterie et cavalerie, à 75,000hommes.

L’Empereur avait envoyé contre Bcrnadotte, devenu l’ennemi delà France ,les 4 e , 7 e et 12 e corps, réunis sous les ordres du maréchal Oudinot. Le maréchalSaint-Cyr se trouvait donc seul chargé de la défense de Dresde . Les coalisésjugèrent le moment opportun pour entreprendre l’attaque de la capitale de laSaxe . 200,000 hommes débouchèrent, le 22 août, de la Bohême. Cette arméeétait placée de fait sous le commandement du prince de Sclnvartzemberg;mais le véritable général de l’armée, si l’on peut dire, c’était une sorte de co-mité aulique de guerre, placé à Vienne, et composé des rois et princes coa-lisés, de l’ambassadeur d’Angleterre lord Cathcart, des autres principaux am-bassadeurs, des généraux Moreau, Barclay de Tolly, Diebitscli, Jomini (legénéral transfuge et historien), Knesebeck, etc., qui discutaient les opérationsprojetées et se prononçaient sur les plans. Des intérêts privés avaient empê-ché de confier ce commandement à l’archiduc Charles, qui avait fait ses preuves.L’empereur Alexandre était, d’une façon occulte et irresponsable, l’âme de cesdélibérations.

Il faut dire que Sclnvartzemberg, qui n’avait pas les hautes capacités mili-taires indispensables pour faire tête à un jouteur de la force de Napoléon ,