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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

n’était pas non plus entouré de généraux fort distingués. Les principaux, qui,tous deux ont, dans ces temps derniers, joué des rôles, fatal pour l’un, reten-tissant pour l’autre, étaient le général Latour, tombé sous les coups du peupleinsurrectionné, et le général Radetzkv, depuis si terrible aux Italiens duNord (1). Le général Langueneau, officier saxon, était encore un traître à Na-poléon , qui fut adjoint aux généraux déjà cités. Gouvion Saint-Cyr se trouvaitdans une fâcheuse position, car il n’avait que 17,000 hommes à opposer à uneaussi formidable masse d’assaillants. Il se retira derrière ses retranchements.Le 25, les coalisés prirent position sur la rive gauche de l’Elbe et cernèrent laville. Le maréchal Gouvion Saint-Cyr crut être attaqué sur-le-champ, pen-sant bien que l’ennemi ne laisserait pas à l’Empereur le temps d’approcher.Aussi fut-il fort étonné de voir Schwartzemberg inactif, attendant encore desrenforts, et se bornant à prendre des dispositions stratégiques. L’Empereur,inquiet de la position de Dresde , qu’il désirait voir tenir d’elle-même jusqu’au25, voulut savoir précisément à quoi s’en tenir, dans son projet de se portersur Pyrna, afin de faire une énergique diversion sur les derrières de l’ennemi,entreprise qui eût dû avoir de grands résultats. En conséquence, il expédiavers Dresde le colonel Gourgaud , un de ses officiers d’ordonnance, qui revintdans la nuit avec une connaissance parfaite des choses. Voici quel fut son rap-port oral à Napoléon :

« La situation du maréchal Saint-Cyr est des plus critiques. On se dispose àévacuer le grand jardin. En m’éloignant de Dresde , j’ai vu les feux de l’en-nemi qui éclairaient tout l’horizon. Un village en flammes jetait des lueurs si-nistres sur toute la ville. — Eh bien! dit l’Empereur, quel est l’avis du duc deBassano? — Sire, M. de Bassano ne pense pas qu’on tienne encore vingt-quatreheures. — Et vous? — Moi, sire, je pense que Dresde sera enlevée demain, sivotre Majesté n’est pas là. — Puis-je compter sur ce que vous me dites? —Sire, j’en réponds sur ma tête! » Après avoir entendu Gourgaud , l’Empereurmanda auprès de lui le général Haxo, ingénieur habile, et, le doigt appuyésur la carte, il lui montra ce qu’il attendait de son intelligence et de son dé-vouement, lui parlant en ces termes : « Voilà Vandamme qui s’avance au-delàde l’Elbe , par Pyrna, il s’y trouvera sur les derrières de l’ennemi, dont l’em-pressement pour s’enfoncer jusqu’à Dresde a été extrême. Mon projet était desoutenir ce mouvement avec toute l’armée, et c’était peut-être le moyen d’enfinir une bonne fois avec mes ennemis; mais le sort de Dresde m’inquiète, jene veux pas sacrifier cette ville. Il ne me faut plus que quelques heures pourm’y rendre, et je me décide, non sans regret, à changer de plan pour mar-cher à son secours. Vandamme est encore en forces suffisantes pour suppléerà ce mouvement général, et faire un grand mal à l’ennemi. Que de Pyrna il

(1) Radetzky ne se forma que depuis; on l’a vu, dans sa dernière campagne contre le mal-heureux Charles-Albert, en 1818, à l’âge de 82 ans, se faire mettre à cheval le matin, et nes’en faire déposer que le soir, et cela pendant 12 ou 15 jours consécutifs. Alors ce n’était qu’unofficier de courage et rien de plus.