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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
dignitaires, les membres du conseil de régence, reçurent ordre de la suivre.Le prince de Talleyrand , déjà en rapport avec les souverains alliés, joua lacomédie d’aller jusqu’à la barrière, d’y faire arrêter sa chaise de poste, et derevenir, comme violenté, à son hôtel. Le roi Joseph, lieutenant général del’Empereur, le duc de Feltre , ministre de la guerre, le général Dcjean et le ma-réchal Moncey, qui commandait la garde nationale de Paris, restèrent pourveiller à la défense de la capitale.
Paris , que nulle fortification ne protégeait, avait pour toute défense 26,000hommes distancés de Neuilly sur la Seine j usqu’à Charenton sur la Marne . Surun appel du maréchal Moncey, 6,000 gardes nationaux parisiens vinrent prendreposte sur les hauteurs voisines. Le reste de la garde nationale se distribua ladéfense des barrières et la surveillance de l’ordre intérieur. L’artillerie ci-toyenne, servie par les plus valides de nos invalides et par l’École polytechnique ,se rangea aussi sous les ordres du duc de Conégliano.
Le roi Joseph plaça le corps de Raguse dans la position de Romainville . Lacavalerie du général Ornano et l’infanterie du général Compans occupèrentPantin, les prés Saint-Gervais et les hauteurs de l’Ourcq. Le duc de Trévise prit position entre le canal et Montmartre ; la cavalerie du général Belliard,enfin, se déploya entre l’avenue de la porte Maillot et Saint-Denis.
Le 30 mars, le tambour appela dès le matin tous les défenseurs de la capi-tale aux postes assignés. Joseph se plaça sur la butte Montmartre avec tout sonétat-major. Dès six heures, on entendit les premières décharges d’une luttequi allait décider du sort de la France assaillie par l’Europe coalisée...
L’attaque, commencée au centre, s’étendit bientôt aux ailes. Les Russes ,commandés par Rayefski, eurent pour adversaires les généraux Boyer et Mi-chel, qui tenaient la gauche du duc de Raguse. L’ennemi, arrivant en nombre,attaqua bientôt la butte de Romainville , d’où le repoussa le général Compans.L’ennemi se renforça, revint encore à la charge de cette importante position,dont dépendait Pantin, et fut de nouveau repoussé. Barclay de Tolly , qui com-mandait les forces agressives de Paris , rebuté par la résistance désespéréequ’il trouvait chez une poignée d’hommes, voulut attendre les renforts de l’ar-mée de Silésie pour reprendre l’attaque. Blücher et cette armée arrivaient parla plaine Saint-Denis, en même temps que les Austro-Wurlembourgeois en-traient aussi en ligne. Dès ce moment il devint impossible de ne pas prévoir lamalheureuse issue d’une lutte aussi formidablement disproportionnée, et quine laisserait évidemment point à l’Empereur le temps d’arriver au secours desa capitale. Tout le haut personnel officiel, les généraux qui entouraient le roiJoseph, le pressèrent, devant un tel état de choses, d’envoyer aux ducs de Ra-guse et de Trévise les pouvoirs nécessaires pour capituler, et, par ailleurs, ilsle conjurèrent de songer à l’évacuation de Paris . Le roi confia au général IIul-lin, gouverneur de Paris , l’exécution des mesures relatives à ce dernier acte,et ordonna aux ministres et hauts fonctionnaires qui se trouvaient encore surles lieux de partir pour rejoindre l’impératrice. Lui-même crut avoir assez