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HISTOIRE DE L’ARMÉE
fait pour justifier la confiance qu’avait mise en lui l’Empereur, et pouvoir ga-gner la route d’Orléans, qui était encore libre...
Qu’ajouter à ces faits qui paralysaient la résistance dans son début, et quiimposaient aux braves défenseurs de Paris l’abandon d’une gloire qui est d’au-tant plus chère aux nobles cœurs, qu’elle s’attache à une cause désespérée?Cette cause, c’était celle de la France entière, de l’Empire et de l’Empe-reur; c’était la cause sainte de la famille et du foyer, qu’il fallait disputer pied àpied aux hordes barbares, aux Cosaques abrutis, qui y apportaient le pillageet le viol! Aussi, sur bien des points, les ordres de capitulation ne furent-ilspas écoutés, et la défense ardente, désespérée, fit-elle voir à l’ennemi ce qu’ileût trouvé de résistance et probablement de défaites honteuses, s’il n’avait eudans ses camps... et.dans les nôtres... la trahison pour auxiliaire.Les officiersfrançais qui prolongèrent leur noble résistance au-delà de ce que nous appel-lerons les illusions permises, furent de tous grades et suivant le poste que ladépartition de nos forces insuffisantes leur avait fait confier. Nous aimons àciter quelques-uns de ces braves, dans ces lignes d’où la pudeur et l'amour-propre national nous ont fait bannir plus d’un nom de traître. Si l’histoireest un pilori, qu’un autre que nous remplisse ici les fonctions de bourreau.D’ailleurs, pour flétrir des infâmes, n’éclabousse-t-on pas toute une nation?
Le major Évain, de l’artillerie de la garde nationale, se mit glorieusementen travers du passage de la cavalerie russe du général Palilen. — Le colonelOrdener fit des prodiges de résistance contre les Russes . — Le colonel Ghéne-ser, à la tête d’une poignée d’hommes, fit un carnage affreux dans les rangsdes grenadiers russes. — Le chef de bataillon Saint-Romain et le capitaine Cal-mer repoussèrent la cavalerie ennemie de la barrière du Trône. — Le duc dePadoue , les généraux Chartel et Bordesoulle défendirent héroïquement Bagno-let, Charonne et les hauteurs du Père-Lachaise. — Le duc de Raguse, à la tètede 6,000 hommes seulement, résistait avec ce courage bien connu, mais quifut parfois malheureux, contre les masses énormes qui l’accablaient de toutesparts; il eut un cheval tué sous lui; une balle lui causa une forte contusion; unmoment il reprit Belleville au formidable ennemi qui l’occupait. Ce ne fut queréduit à la nécessité la plus extrême, qu’il se décida à faire usage de l’autori-sation que Joseph lui avait donnée.
Au reste, les Russes avaient déjà, par ailleurs, dépassé le village de Clichy ,nonobstant la belle résistance du général Belliard. La position du duc de Tré-vise était désespérée, et pourtant, sommé de la part de l’empereur de Russie ,qui lui envoya le comte Orloff, de mettre bas les armes (il ignorait les mesuresde capitulation prises par le roi Joseph), il allait continuer la résistance; maisle parti qu’avait pris Marmont dicta sa conduite. Les deux maréchaux se ren-dirent à la Yillelte, où les attendaient les commissaires chargés des négocia-tions, tandis que l’ennemi dirigeait sur tous les points des officiers d’état-majorpour faire cesser les hostilités. Les derniers coups de feu, tirés dans cette jour-née funèbre, le furent par la garde nationale de Paris , qui, sous les ordres de