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Tome troisième.
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442 HISTOIRE DE L’ARMÉE

une part active, en agissant sur le flanc gauche ennemi, il pût du moins ainsipréserver notre droite. La position de l’ennemi était sur l’embranchement desroutes de Charleroy, Nivelle et Bruxelles, un peu en avant du village de Mont-Saint-Jean. Les dispositions du terrain, d’une douce déclivité favorable à l’artil-lerie, permettaient au général en chef ennemi de saisir tous nos mouvements.

Il était dix heures et demie lorsque l’Empereur ordonna l’attaque sur ladroite de Mont-Saint-Jean; mais, sur une observation du maréchal Ney, rela-tive à l’impraticabilité du terrain pour l’infanterie, à cause des bas-fonds bour-beux, il changea de dispositions, et ce fut par le centre qu’il commença à agir.L’ennemi, adossé à la forêt de Soignes , n’avait pour retraite que la chausséede Bruxelles, de sorte que, si l’on réussissait à percer ce centre et conséquem-ment à se rendre maître de ce débouché, les deux ailes ennemies se trou-vaient séparées, et la situation fort gravement compromise. Voici nos posi-tions : le général Reille, avec le 2 e corps, protégeait notre extrême gauche, dansla direction de la ferme de Ilougomont; le comte d’Erlon, avec le 1 er corps,se tenait à cheval sur la grande route, formant le centre; le comte de Lobau,avec le 6 e corps, avait la droite. La garde était placée en réserve derrière lecentre, sur les hauteurs, tandis que la cavalerie était développée sur toute laligne. Nos 200 bouches à feu devaient être distribuées en batteries devant lespoints les plus forts de l’ennemi.

Le prince de la Moskowa, comme commandant des 1 er et 2 e corps, était placéau centre pour diriger les mouvements, et l’Empereur s’était porté sur unmamelon, aussi au centre, près d’une ferme où il avait passé la nuit.

La bataille commença vers onze heures du matin. Ce fut le roi Jérôme, quicommandait une division du 2° corps, à la gauche, qui commença l’attaque,en marchant sur la ferme de Hougomont, si bien crénelée par les Anglais ,qu’ils en avaient fait une petite forteresse. Cette attaque était une feinte. Legénéral anglais s’y laissa prendre, renforçant aussitôt ce point de ses meil-leures troupes. Une demi-heure ne s’était pas écoulée que 400 bouches à feuvomissaient la mort sur toute la ligne.

Après un combat meurtrier, notre gauche, gagnant du terrain, réussit às’emparer du bois en avant de Hougomont, mais non à débusquer l’ennemi dela ferme. Le colonel Lafitte, à la tête de quatre escadrons de la garde, dé-truisit tout un régiment de hussards anglais , en débarrassant notre 1 er de cui-rassiers, commandé par le colonel Ordener. Le maréchal Ney, à la tête de lacavalerie des généraux Lefebvre -Desnouettes et Guyot, attaqua les batteriesanglaises placées entre le centre et la gauche, et les enleva. Ce terrain perdupar l’ennemi fut aussitôt occupé par notre gauche, tandis que, sur la droite,le comte de Lobau forçait, après un vif combat, la première ligne ennemie.Ainsi, les deux ailes anglaises étaient déjà repoussées, lorsqu’une attaque sé-rieuse fut dirigée au centre, sur la Haie-Sainte. Cet honneur échéait à d’Erlon,qui, appuyé de 80 canons, attaqua impétueusement l’ennemi fortifié derrièreses retranchements. Le combat devint presque corps à corps; par instants,notre ardente cavalerie arriva jusque sur les batteries ennemies; enfin, la po-