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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
sition de la Haie-Sainte fut à son tour emportée, et le maréchal Ney, qui avaitcommandé cette opération avec une habileté extrême, franchit le ravin et yprit heureusement position. Il était alors deux heures et demie.
Ainsi, après moins de quatre heures de combat, notre armée, si inférieureen nombre et dans les dispositions physiques qu’on sait, occupait déjà le ter-rain sur lequel étaif développée, au matin, la première ligne anglaise ... Assu-rément, un tel succès en promettait de plus décisifs encore. Cependant l’en-nemi était loin de se décourager, l’ardeur était générale : une épouvantablecanonnade tonnait sur toute la ligne...
Quelques détachements prussiens de Bulow arrivèrent par la route d’Ohainet se firent immédiatement anéantir par le corps du comte de Lobau. Ces dé-tachements en eux-mêmes n’étaient rien, mais ils faisaient pressentir ou l’ar-mée prussienne ou tout au moins une partie de cette armée. La contrariété néede ce fait fut diminuée par cette pensée que le mouvement des Prussiens n’a-vait pu avoir lieu à l’insu de Grouchy , et que par conséquent il était derrière etagissait. L’Empereur, pour maintenir l’animation de ses soldats, fit annoncerl’arrivée de Grouchy, ... et toute la ligne éclata en transports. Bien qu’exténuésde besoins et de fatigues, nos braves reprirent la lutte avec plus d’ardeur, et lefeu se ralluma avec une nouvelle violence. L’Empereur voulut utiliser cet élandes troupes pour opérer sur le centre ennemi un formidable effort : il réunitd’un bloc toute sa garde, cavalerie et artillerie, et, dans ce moment décisif, ilpoussa le tout, au pas de charge, sur le plateau où l’ennemi paraissait tenirses réserves. « Ces vétérans de la gloire, dit un historien, abordent la ligneanglaise avec leur intrépidité accoutumée. Le choc est terrible et le carnageaffreux. La mitraille, les charges de cavalerie et la terrible baïonnette fontbrèche dans les masses, qui se resserrent aussitôt (1). La fureur de nos soldatss’accroît avec la résistance qu’ils éprouvent; déjà plusieurs carrés anglais en-foncés ne trouvent plus d’appui; l’épouvante introduit le désordre dans lesderrières de l’armée anglaise; la route de Bruxelles , au milieu de la forêt deSoignes, est obstruée par les ambülances, les équipages et les parcs d’artille-rie, qui fuient dans la plus horrible confusion... La terreur vole bientôt jusqu’àBruxelles , où tout annonce que le lord général en chef a perdu la bataille,...et chaque intéressé s’apprête déjà à quitter la ville où les Français vont entreren vainqueurs (2). L’armée anglaise , pressée par ses deux ailes, horriblement
(1) Parmi les brillantes attaques qu’exécuta notre cavalerie dans ce combat à brûle-pour-point, on remarqua la charge que fournit le 4 e régiment de lanciers, commandé par le colonelBro. La brigade des gardes anglaises venait d’enfoncer un de nos régiments d’infanterie et delui enlever son aigle; Bro charge à la tête de son régiment, tue le général anglais , reprend l’ai-gle et écrase celte brigade, dont 50 cavaliers seulement parvinrent à s’échapper.
(2) Plusieurs Belges, habitants de Bruxelles , nous ont confirmé ce que les relations anglaisesnous avaient appris sur cette épouvante. On nous a assuré également que le lord qui comman-dait en chef les Anglais croyait tellement être battu, qu’il avait déjà donné l’ordre de la re-traite, et en avait fait prévenir sur loute la ligne de communication avec Bruxelles et l’intérieurde la Belgique. Divers courriers de banques partirent même de Bruxelles , portant la nouvelle,dans la direction des capitales allemandes, que Napoléon avait écrasé ses ennemis à Waterloo .