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Tome troisième.
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4-ij

ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Et l’armée prussienne, ainsi venue nous arracher une victoire certaine,s’avançait poussant notre droite, et cherchait à nous envelopper entre elle etles Anglais (nous comprenons sous cette appellation générique les corps denations diverses qui obéissaient au lord-général). Le danger était imminent,car notre seule issue, depuis l’arrivée du renfort ennemi, se trouvait par lagrand’route de Bruxelles . Nos braves grenadiers de la vieille garde, com-mandés par les généraux Pelet et Petit, forcés de céder à la double pressiondes deux armées ennemies, ne le faisaient que pied à pied, se voyant tomberl’un après l’autre sous les feux croisés de cet ennemi accru. Le mouvementrétrograde était décidé... les débris de l’armée ne luttaient plus pour la plu-part... la mort les frappait, on oserait presque dire, abrutis par un désastreaussi imprévu. «Toutes les voitures d’artillerie se précipitèrent sur la grand’-route; bientôt elles s’y accumulèrent tellement qu’il fut impossible de les

lui avait été longtemps attribuée. La famille du général Michel s’émut légitimement de ce pro-jet, et le comte Michel, alors capitaine au 15 e de ligne, ainsi que son frère, le baron Michel,auditeur au conseil d’Élatet sous-préfet de Bar-sur-Aubc, tous deux tilsdu général de la gardetombé à Waterloo , s’inscrivirent contre l’ordonnance par une requête au roi. Il résulta de l’en-quête laborieusement et scrupuleusement entreprise, que Cambronne lui-même a, toute sa vie,dénié l’honneur d’avoir prononcé les mots sublimes qui furent comme l’oraison funèbre de cettegarde, laquelle s’ensevelit héroïquement dans le désastre où s'abîma l’empire. D’un autre côtéune foule de témoignages, de voix jusque-là disséminées, vinrent s’unir dans la constatationd’un fait qui devait enfin se faire jour, c’est-à-dire que c’était au comte Michel que revenait lagloire loyalement refusée par Cambronne. El parmi ces témoins, ces autorités luttant par un cride leur conscience contre une fausse tradition à laquelle la popularité donnait, à tort, la forcemême du fait, figurèrent des compagnons d’armes de l’illustre mort de Waterloo , le généralGérard, le général Harlet et divers autres noms des plus respectables, et par ailleurs aussi leduc de Bassano. Enfin, un témoignage plus haut encore est celui qui émane, on peut dire, del’opinion même de l’empereur Napoléon, par la bouche de son grand maréchal du palais, de-venu, à Sainte-Hélène , le confident de tous ses sentiments sur les hommes et sur les choses.M me la comtesse Michel possède un fragment détaché du tombeau de l'Empereur, sur lequel legénéral Bertrand a fait graver cet hommage, expression, peut-on dire, lapidaire des opinionsqu’il avait entendu formuler à Napoléon :

« A la comtesse Michel, veuve du général Michel, tué à Waterloo , où il répondit aux som-mations de l'ennemi parues paroles sublimes : La garde meurt et ne se rend pasI »

Au reste, ces faits, généralement connus aujourd’hui, et qui servent de rectification aux his-toriens du passé dans leurs éditions nouvelles, n’ajoutent point à la gloire du brave généralqui, blessé à Monlmirail, ne put contenir son ardeur au bruit du canon des alliés menaçantParis , et courut se battre le bras en écharpe. Blessé de nouveau, et grièvement, à la butteSaint-Chaumont, il tombe. La giande épreuve de Waterloo Tappelleà la tête de cette garde dontil commandait une division en face du Mont-Saint-Jean... Là, il tombe encore... et pour neplus se relever cette fois! mais laissant après lui l’immortalité de son nom, par ce cri sublimequ’ont enregistré tous les idiomes, qu’ont célébré tous les arts. On conçoit combien la familled’un tel homme doit être soigneuse d’une revendication aussi légitime qu’elle est glorieuse, etceux qui peuvent y aider, comme on le fait ici, accomplissent un rigoureux devoir d’éclectisme.

Le corps du noble général n’a point été retrouvé après la bataille. De là quelques doutes surce glorieux trépas, doutes dissipés depuis. L’Empereur ordonna que la veuve du général comteMichel reçût la pension des veuves des maréchaux de France : ce fut comme un bâton de ma-réchal placé par l’impériale main dans un tombeau, — une nomination posthume !,