ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 451
situation pour scinder ses forces en deux. Il envoya le général Piré avec les1" et 6* chasseurs et le 41' d’infanterie, sur Roquencourt par Ville-d’Avray ,et lui donna ordre de s’embusquer entre Marly et Versailles , afin de couper àl’ennemi toute retraite sur Saint-Germain; puis, de sa personne, il marchadirectement, avec sa cavalerie, sur Versailles , prenant la route qui conduit àVélisy. Excelmans rencontra une colonne de 4,500 Prussiens près des bois deVerrières, à l’embranchement des routes de Bièvre et Versailles . Ces fous s’a-vançaient en hurlant à Paris! à Paris ! Notre tête de colonne, formée des 45'et 20' dragons, commandés par le général Burthe, tomba dessus et les mit enpièces. Le peu qui parvint à se sauver traversa Versailles au galop, et s’en futtomber dans les chasseurs du général Piré. Les colonels Simoneau et de Fau-doas achevèrent ce qui restait de ce corps. A peine s’échappa-t-il quelques-unsde ces Prussiens pour aller raconter au général Blücher la façon dont la co-lonne avait été traitée, et l’aviser du péril qu’il eût couru lui-même, si le mou-vement si bien inspiré du général Excelmans avait pu se combiner avec celuide quelque autre corps sur l’autre rive de la Seine . Après ce premier faitd’armes, cet officier général continua son mouvement vers Saint-Germain;mais, arrivé dans les environs de Marly, pays boisé, coupé, et conséquemmentpeu propre aux évolutions de la cavalerie, il se trouva brusquement en facedu gros de l’infanterie ennemie. Il jugea devoir revenir sur Montrouge . LesPrussiens, libres sur la rive gauche, commencèrent bientôt leur marche surParis .
Un officier, auquel ses écrits littéraires ont acquis une réputation que justi-fiaient également ses connaissances militaires, le colonel Carrion de Nisas, étaitchargé de la garde du pont de Sèvres et de Saint-Cloud , point choisi par lesPrussiens pour tenter d’avancer sur les barrières. Le général Ziethen com-mandait le corps d’avant-garde, et se dirigea plus particulièrement sur Sèvres .Le colonel français réunissait environ 3,000 hommes formés du 2 e régi-ment d’infanterie de ligne (colonel Trip) et de divers autres détachementsdeux arches du pont étaient rompues; Carrion de Nisas attendit l’ennemi depied ferme.
Celui-ci établit une batterie sur les hauteurs de Saint-Cloud pour battre lesdeux ponts de Sèvres ; une seconde à Bellevue pour prendre en écharpe l’îleSéguin; la troisième, enfin, enfilant la grand’route de Paris . C’était le 2 juil-let; l’affaire s’engagea à la fois par le jeu des bouches à feu et la fusil-lade.
Nos troupes se trouvaient abritées par quelques ondulations du terrain etpar les grands arbres de l’île Séguin; elles avaient en outre crénelé les mai-sons et les murs d’enclos, d’où elles faisaient un feu très-vif sur les assaillants,qui étaient pleinement exposés à leurs coups dès qu’ils abandonnaient la dé-clivité des collines pour s’approcher des ponts. Le colonel français avait agide ruse en dissimulant la coupe des arches du pont par des abatis adroite-ment disposés. L’ennemi commença à s’y engager, et ne s’aperçut de sa mé-prise qu’après avoir éprouvé de grandes pertes pour sortir d’étroits défilés. Le