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Tome troisième.
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«0 HISTOIRE DE L’ARMÉE

provisoirement le conseil du gouvernement. L’intérêt que je porte à mon filsm’engage à inviter les chambres à organiser sans délai la régence par une loi.— Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépen-dante. B

Les meneurs de la chambre se montrèrent étonnés de cette prompte et tou-chante résignation. Une députation fut envoyée à l’Empereur. 11 l’accueillitpar ces paroles : « Je vous remercie des sentiments que vous m’exprimez. Jedésire que mon abdication fasse le bonheur de la France , mais je ne l’espèrepoint. Elle laisse l’État sans chef, sans existence politique. Le temps perdu àrenverser la monarchie aurait pu être employé à mettre la France en étatd’écraser l’ennemi... »

Tombé comme empereur, restait le général Bonaparte , le plus grand capi-taine de l’Europe. A ce titre, Napoléon offrit son épée à la patrie menacée.Cette offre noble et simple à la fois fut repoussée. Fouché , duc d’Otrante, étaitl’âme de toutes ces humiliations que la majorité des deux chambres infligeaitau héros sous lequel elle avait tremblé, et qui d’un signe du doigt lui imposaitnaguère une sorte d’obéissance à la turque.

L’armée, rentrée en France, se retira sous les murs de Paris . Les divers dé-pôts de la capitale et les garnisons des villes du Nord la portaient encore auchiffre de 70,000 hommes, malgré les pertes des 16 et 18 juin. Chaque jour,arrivaient s’y joindre des colonnes de gardes nationales el de volontaires denos départements, braves gens animés de toute l’ardeur d'un vif patriotisme.Nos frontières des Alpes, du Rhin et de la Moselle , étaient encore défenduespied à pied par des corps d’armée qui s’enfermaient dans les places fortes, etl’on peut dire que le désastre de Waterloo n’avait en rien abattu le courage denos soldats, lesquels se montraient, au contraire, vivement animés du désir derepousser l’ennemi qui, pour la seconde fois, dans un laps de temps si court, me-naçait de franchir encore nos frontières. L’Empereur confia au maréchal Da-voust, prince d’Eckmühl, le commandement de toutes les forces réunies sousParis, forces dans lesquelles figuraient bon nombre de gardes nationaux pari-siens , rivalisant de zèle et de discipline avec les troupes régulières.

Le seul corps ennemi qui menaçait déjà la capitale, était ce qui subsistait del’armée anglo-prussienne, si rudement maltraitée à Waterloo , et qui s’avan-çait sur la rive droite de la Seine, tandis que les Russes et les Autrichiens, pluscirconspects avec un ennemi comme Napoléon , se tenaient encore, pour ainsidire, un pied sur chaque frontière. Mais les plus téméraires de tous ces enne-mis, électrisés par une victoire d’autant plus précieuse qu’elle était inespérée,furent les Prussiens, qui, passant sur la rive gauche de la Seine par le pont duPec (qui leur fut, dit-on, livré...), près Saint-Germain, lancèrent leur cavaleriedans les environs de Versailles . Cette témérité était une imprudence étourdie,car ce corps isolé, sans communications assurées, pouvait se faire écraser detlanc et de front par les ponts de Neuilly, de Saint-Cloud, de Sèvres , ou enfinde Paris . Le général Excelmans tenta de faire repentir ces Prussiens de leuraudacej comme il occupait Montrouge sur la rive gauche, il profita de sa