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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
disons-nous, consent à recevoir Napoléon sur son vaisseau et à le conduire enAngleterre, déclarant qu’il n’a nulle raison de croire qu’il puisse y être malreçu (I). Il expédie sur une corvette le général Gourgaud , porteur de la lettreécrite par l’Empereur au prince-régent, pour réclamer un asile au sein de laGrande-Bretagne, et préparer tout, à bord de son vaisseau, pour la réceptionde l’hôte illustre qui va s’y embarquer. Cette lettre, qui arrive à la vraie gran-deur par sa simplicité même, ne doit pas être passée sous silence, la voici :
o Altesse royale,
« En butte aux factions qui divisent mon pays et à l’inimitié des plus grandespuissances de l’Europe , j’ai terminé ma carrière politique, et je viens, commeThémistocle , m’asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la pro-tection de ses lois, que je réclame de votre Altesse royale comme du plus con-stant et du plus généreux de mes ennemis.
Rochefort, 15 juillet 1815.
Une grave question surgit naturellement ici. Quel rôle joua réellement lecommandant du Bellérophon dans ce grand drame dont le dénoûment vintajouter une nouvelle flétrissure à la politique anglaise, déjà souillée de tantd'actes d’un odieux machiavélisme?
C’est un point qui commence à être suffisamment éclairci; malgré l’es-pèce de justification que le capitaine Maitland a publiée, onze ans après lesévénements, les accusations dont sa conduite fut l’objet demeurent intactes,et c’est en vain qu’en réponse aux terribles inculpations qu’avait lancées con-tre lui M. de Las Cases dans son Mémorial de Sainte-Hélène, le commandant duBellérophon se borne à affirmer qu’aucune embûche n’a été tendue à Napoléon ,
ni de la part du gouvernement anglais , ni de la sienne .
11 y aurait à opposer à cette affirmation une foule de faits tirés de sa relationmême. Il en ressort clairement que le capitaine Maitland, avide de bien mériterdu machiavélisme de Saint-James par l’arrestation de l’illustre victime, affirmaque si l’Empereur voulait s’embarquer dès cet instant pour l’Angleterre, il étaitautorisé à l’y conduire et à le traiter avec tous les égards et tout le respect dusau rang qu’il avait occupé. Il ajouta même que, dans sa pensée, il avait la con-viction que Napoléon y recevrait un accueil favorable; que l’administration enAngleterre n’avait point la plénitude de pouvoir dont sont investis les gouver-nements continentaux; que l’autorité ne s’y exerce que sous le contrôle de l’opi-nion publique; enfin, que le peuple anglais avait une générosité de sentimentset une libéralité de principes sous lesquels fléchissait la souveraineté elle-même.
Mais évidemment ces paroles honorables voilaient une trahison. Cette astu-cieuse noblesse de sentiments ne pouvait avoir pour objet que d’attirer l’il-lustre fugitif dans une embûche où devait mourir sa liberté. Les lettres qu’un
(1) Relation du capitaine Maitland; — version d’un ancien officier de marine, M. Parisot.