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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

Bientôt le canot qui porte César et son infortune aborde à tribord du Bellé-rophon. Le général Bertrand monte le premier, et dit au capitaine, que luidésigne M. de Las Cases : « L’Empereur est dans le canot! » Napoléon monteensuite, salue, et, s’adressant à M. Maitland, il prononce d’une voix ferme cesparoles : « Capitaine, je viens placer ma personne sous la protection de votreprince et de vos lois. »

C’en était fait... le sacrifice était consommé!

Peu de temps après, le Superb arriva au mouillage. Le lendemain, il y eutéchange de visites entre Napoléon et l’amiral. Ce dernier donna ses ordres aucommodore Maitland, et le Bellérophon , levant l’ancre, tourna sa proue versl’Angleterre. Arrivé à Forbay, le 24 juillet, le capitaine Maitland prit les ordresde lord Keith, son amiral-général; il lui fut enjoint de se rendre àPlymouth.Le Bellérophon y mouilla le 26.

Comme les habitants, le peuple, témoignaient une avidité extrême et sym-pathique d’apercevoir l’Empereur, et que les eaux du vaisseau étaient cou-vertes d’embarcations remplies de curieux accourus de toutes les parties del’Angleterre, ordre fut donné de placer le Bellérophon dans une sorte de qua-rantaine.

Mais Napoléon avait hâte de savoir ce que le gouvernement britanniquedéciderait à son égard. Ses incertitudes ne furent point de longue durée. LordKeith vint durement lui communiquer une note ministérielle qui assignaitTîle de Sainte-Hélène pour résidence au général Bonaparte . C’était un arrêt dedéportation que le climat devait changer en sentence de mort. A cette décla-ration, Napoléon ne put contenir son indignation, et il protesta énergiquementcontre cette odieuse violation du droit des gens. Hôte libre et confiant de l’An-gleterre, celle-ci le traitait en prisonnier... même en condamné!

Le Bellérophon quitta, le 4 août, la rade de Plymouth , remontant la Manche.Napoléon devait passer sur un autre bâtiment, le Northumberland , destiné àle porter sur la terre de l’exil. Ce fut alors qu’il écrivit la fameuse protestationqu’on ne saurait passer sous silence, monument admirable, arraché par l’in-dignation à la plus illustre victime de l’histoire moderne. La voici textuelle-ment :

« Je proteste solennellement ici, à la face du ciel et des hommes, contre laviolence qui m’est faite, contre la violation de mes droits les plus sacrés, endisposant par la force de ma personne et de ma liberté. Je suis venu librementsur le Bellérophon ; je ne suis pas le prisonnier, mais l’hôte de l’Angleterre.J’y suis venu à l’instigation même du capitaine, qui a dit avoir des ordres pourme recevoir et me conduire en Angleterre avec ma suite. Je me suis présentéde bonne foi, pour venir me mettre sous la protection des lois de l’Angleterre.Aussitôt assis à bord du Bellérophon , je fus sur le foyer du peuple britannique.Si le gouvernement, en donnant ordre au capitaine du Bellérophon de me re-cevoir, ainsi que ma suite, n’a voulu que me tendre une embûche, il a forfaità l’honneur, il a flétri son pavillon.

« Si cet acte se consommait, ce serait en vain que les Anglais voudraient