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HISTOIRE DE L’ARMÉE ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
parler désormais de leur loyauté, de leurs lois, de leur liberté : la foi britan-nique se trouverait perdue dans la trahison du Bellérophon .
« J’en appelle à l’histoire. Elle dira qu’un ennemi qui fit vingt ans la guerreau peuple anglais vint librement, dans son infortune, chercher un asile sousses lois. Quelle plus éclatante preuve pouvait-il lui donner de son estime etde sa confiance? Mais comment répondit-on, en Angleterre, à une .telle ma-gnanimité? On feignit de tendre une main hospitalière à cet ennemi, et,quand il se fut livré de bonne foi, on l’immola ! »
Nous n’avons rien à ajouter à cette brûlante flétrissure que l’Empereur aimprimée sur le blason de la perfide Angleterre. Les faits sont tels, que rienn’atteint l’éloquence de leur simple exposition. Là est la plus cuisante ven-geance qu’une plume française puisse infliger à la plus révoltante des tra-hisons.
L’hôte libre et volontaire de la Grande-Bretagne, déporté à Sainte-Hélène,y abordait le 15 octobre 1815. Son agonie dura cinq ans et demi. On n’avaitsans doute pas prévu que sa forte constitution résisterait aussi longtemps àl’insalubrité du climat. Chaque jour l’Angleterre outragea son noble prison-nier par l’intermédiaire du plus hideux geôlier dont la mention puisse souillerl’histoire. Cet homme, que les boulets des batailles avaient respecté vingt ans,mourait d’un long et incessant assassinat, comme, au moyen âge italien, ouvoyait le plus effrayant des poisons, Vaqua toffana, faire tristement périr d’il-lustres victimes, désignées aux sauvages passions des princes qui n’osaientprendre juridiquement leurs têtes...
Napoléon , posant sa main sur son cœur, disait souvent : « C’est une laiu„empoisonnée qu’ils m’ont plantée là... et ils l’ont brisée dans la plaie. »
Le 5 mai 1821, l’Angleterre était enfin délivrée des terreurs que parfois,sur son rocher battu des Ilots, son prisonnier lui inspirait encorel