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comme il on appréciait toute la difficulté en môme temps que l’importance, ilexigea qu’on le laissât choisir ses troupes, ce qui lui lut concédé. Il était dûplus de trois mois de solde aux soldats ; il obtint que sa colonne fût payée, etil en compléta l’équipement. I! y avait dans l’effectif constitutionnel un certainrégiment du nom de Barbastro , que commandait le lieutenant-colonel Minusi,officier réputé pour son exaltation révolutionnaire ; il se l’attacha (t). 11 com-pléta sa colonne par un appel aux hommes de bonne volonté, qui se présentè-rent en grand nombre. Il forma son avant-garde d’un bataillon de cette légionlibérale, composée de transfuges de pays divers, qui, tous, avaient d’autantplus à cœur le triomphe de la cause dont ils s’étaient faits les condottieri, queleur salut personnel y était désormais attaché. Trois bataillons d’élite, quel-ques détachements de milice et cinquante lanciers complétèrent cet effectif, quimontait à environ 3,000 hommes.
Celte expédition aventureuse profita d’une nuit obscure, et d’une bourras-que qui obligeait nos bâtiments d’observation à prendre le large, pour se jeterdans des barques de pécheurs qui, de Barcelone, la jetèrent à Castillode Mon-gat.Nos généraux ne tardèrent pas à être informés de cette fugue, dont le butdevint l’objet de conjectures diverses. La colonne ennemie se portait-elle surOstalrich, ou sur Malaro, où étaient nos grands magasins militaires? Le [duspetit nombre songeait à Urgel ou à Figuières. Aussi fut-ce particulièrementMalaro qu’on mit sur la défensive; le blocus d'Ostalrich fut aussi renforcéd’un bataillon. Et pour obvier aux conséquences de toutes les prévisions, unecolonne mobile détachée d’un corps d’investissement de Barcelone, et forméede deux escadrons et trois bataillons, fut contiée au général Nicolas pour battrele pays.
Fernandez, débarqué sans encombre, poussa droit sur Figuières. Cette mar-che ne tarda pas à être révélée aux chefs français qui commandaient dans lesprovinces voisines, et le lieutenant-général baron de Damas s’empressa de re-joindre le général Maringoné pour marcher sur l’ennemi, bien que les troupesréunies de ces deux officiers généraux ne s’élevassent pas à plus do deux ré-giments, formés de 1,100 Français et G00 Espagnols de la Foi. On fit routesurNavata, après quoi M. de Damas alla prendre position en avant de Llado,sur la route conduisant àBesaiu, point qui couvrait les deux chemins qui, soitpar la Sislella, soit par Navata, conduisent à Figuières.
Ces mouvements étaient opérés lorsqu’on apprit que la colonne de Fernan-de/. avait traversé Besalu et marchait sur Llado. Le général de Damas ne per-dit pas un instant pour expédier dans cette direction une reconnaissance de400 hommes, commandés par un capitaine d’état-major, M. d’Eyragues. Cet
(1) Le régiment de Barbastro était un des plus déterminés de la cause de la Constitution de1812. Lorsqu’il le passait en revue, son colonel avait coutume de crier : Barbastro , quai seratu suerle? Et les soldats répondaient : Constitucion o muerte! (Barbastro , quel sera ton sort?— La Constitution, ou la mort!)