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Tome quatrième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

porter le drapeau français jusque sur l'Atlas, se prépara à cette expédition.Blidali, ou Relideah, dont la population était alors denviron 3,000 âmes, setrouve à 8 lieues dAlger , au pied du petit Atlas, dans une campagne char-mante. Cétait lentrepôt du commerce entre Alger et lintérieur de lAfrique .Décidé à sy rendre, le maréchal de Bourmont sapprêtait à tromper les espé-rances du heyde Titlcry, en plaçant le district de Blidali sous le gouverne-ment dun aga particulier. Mais on savait que les Kabyles tenaient pour le Bcy,et cétait principalement dans le but de pacifier les esprits que lexpéditionétait entreprise.

Les généraux Lahitte, dEscars, Desprez et Hurel, suivis dun nombreuxétat-major, furent désignés pour accompagner le maréchal; les forces de lex-pédition étaient de 1,500 hommes dinfanterie, dun escadron de hussards etdune demi-batterie de campagne. Au fond, cette excursion nétait considérée(pie comme une promenade militaire, dont le but pouvait être dinstallerlaga, quon emmenait dAlger . Le corps expéditionnaire traversa les hauteursdont lamphithéâtre couronne Alger , et franchit laffluent de lIIaraclit quilimite limmense plaine de la Mitidja , bornée au sud par le petit Atlas, etau nord par les collines qui la séparent delà mer, en sétendant ailleurscomme un lac vers lhorizon. Quoique inculte, lit-on dans un ouvrage surnos guerres dAfrique , cetle plaine offrait des pâturages abondants et dagréa-bles bosquets darbres. En approchant de lAtlas, on trouva que le paysagesembellisait ; de vastes champs de lauriers roses, des haies touffues de len-tisques, doliviers, d sortaient de larges feuilles daloès et de grosses figuesde Barbarie, des champs de tabac et de maïs, des blés coupés et des vigneschargées de grappes déjà mûres, annonçaient un pays cultivé et une popula-tion civilisée.

Les troupes marchaient depuis douze heures par une chaleur que tempé-rait une brise légère, continue louvrage indiqué, lorsquon aperçut à tra-vers les arbres des jardins, la ville et les minarets de Blidali. Toute la popu-lation mâle de cette ville en était sortie pour venir au-devant des Français , etleur offrir des rafraîchissements et des fruits, qui furent, au reste, payés gé-néreusement. Les Français entrèrent dans la ville une nuit tranquille leurfit oublier les fatigues de la journée. Le lendemain, à cinq heures du matin,le maréchal alla reconnaître les sources qui coulent de lAtlas, ensuite il ins-talla dans ses fonctions laga que les habitants parurent bien accueillir. Pen-dant la journée tout parut tranquille ; des groupes de Kabyles, descendus delAtlas, se montrèrent vers le soir en assez grand nombre jusque dans la ville, leur présence semblait donner de linquiétude aux habitants eux-mêmes.A onze heures de la nuit, quelques coups de fusils se firent entendre autour dela maison occupée par le général en chef. M. de Trélan, son premier aidc-dc-camp, sortit pour voir ce qui se passait , et fut bientôt rapporté blessé mor-tellement. Les bivouacs français furent aussitôt attaqués : une vive fusilladesengagea sur toute la ligne; on neut que le temps de se mettre en défense etdopérer un mouvement de retraite. Les Kabyles arrivaient de tous côtés et